Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOl!lf,; SOCIALIS'ff: de notre pay, qui s'était Jjl'l'é avec tant d'aveuglement et de coupable alrnncl,>n it toute, les criminelles fantaisie~ d'un César. El maintenant que nous avons fini la nomenclature des principaux événements militaire~. nous voudrions retracer à. grands traits la vie intérieure de la nation e,pagnole si éprouvée el meurtrie par l'invasion étrangère. M. lluhh:irrl, dans l'ouvrage si érudit et si vibrant gne nous avons déjà cité, a ri>,umé sous une formule saisissante les conséquences des tragiques 1·erlurbulions qni secouèrent la péninsule de 180ï à 1814. « ::,;apoléon, dit-il, avait élé ,ainr:u, mais l'esprit de révolution avait triomphé. • Pas drfiniti,·emenl hélas! puisque oons constatons plus loin le retour trion:phanl de Ffrdinand qui personnifie si déplorablement la rfactiou clé-· ricale la plus odieuse. Ma.bquanù mème il est intéressao t de constater toujours avec M. llulJbard qne: • Aprè; tant de siècles d'une foi avei,gle el réfléchie, la parole allait être donnée à la raison, à la philosophie; les esprits n'allaient plus se refuser systématiquement à l'étude des graves questions qui avaient agité l'opinion en France au x,·111• siècle. » • L'adoration de la rorauté, le prestige du trône. la ferveur catholique, la soumission à l'autorité, la crainte de l'inquisition, l'exacte pratique des cérrmonies du culle, le goûl de l'intrigue, la haine du travail, la passion du jeu el de la loterie, tous les traits saillants de d'ancien caractère espagnol domhiaienl bien encore dans la majorité de la popnlalion : mais d'autres types ,'étaieut fait jour, d'autres mœurs s'étaient révélées. Un noyau de patriotes avait commencé à. se former dans toutes les villes et dès lurs on pouYait pressentir que les décrets de la royauté allaient désormais être êll'e e,aminés tl analysés arne uu ~oin minutieuL « Au milieu de l'ébranlement causé par l'invasion étrangère, en l'absence de toute action des représentants du prinr.ipe monarchique, l'élément démocratique ü\ail ,abi le pouvoir dans toules les capitales de province et s'était partout Jiré,enté .comme ~e véri.Lable .boulevard de l'mdépendaoee nationale. » ()utlgues rapides comtataUuns des faits ne larderont pas. à justiier ce. lumi:oeu,es a,ppl'èaiations. Le 2;; ,eJ>tembre 1808 une juote sopr6me oomposée èle députs àe tout.es les juntes ou asscml>lées locales, s'a,sembla à Aranjuez sous la présidence de Floriùa lllanco. Parmi ses membres 011 remarquait la présence de Joeellanos, de Palafox et de Hozas : quelques mois plus tard, à l'arrivée de Joseph à llladricl, elle se transporta à Séville où son autorité fut reconnue par la pPesque unanimité de la nation. Même le Cooseil de Ca~tille composé de 'l'ingt-cinq hauts m~islrats dut à la fin se soumettre à son ascendant. Mai:; celte junte perd il son temps à de vaines questions d'éllquelle, preaaol pour-

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