348 HISTOIHE SOCIALISTE autour du palais royal que Charles IV, pour sauver ses jours, crut opportun d"abdiquer le 19 mars en faveur de son «bienaimé fils», proclamé roi sous le nom de Ferdinand Vil. Et le malheureux peuple espagnol applaudit, s'imaginant la patrie sauvée! L'illusion fut courte. Quelques jours après, en efîet, Murat faisait son entrée à Madrid, rerusant de reconnallre le nouveau roi : les moins perspicaces purent alors prévoir que Napoléon ne tarderait plus à mettre officiellement la main sur ce trône. Pour arriver à ses fins, !'Empereur résolut d'employer les plus astucieux procédés et trouva en )lurat et en Savary deux agents perfides à souhait : le premier devait s'efforcer de créer un mouvement d'opinion en faveur de la France : « Montrez au peuple, aux magistrats, aux bourgeois prescrivait Napoléon, l'état de tranquillité et d'aisance dont la France jouit sous mon règne, malgré les guerres où elle est toujours engagée; montrez-leur les a,antages qu'ils. pourraient retirer d'une régénération pol ilique, c'est-à-dire Lâchez de les amener à demander eux-mêmes un souverain à la France. » De son côté, Savary dernil mettre sa rouerie au service d'une mission plus délicate encore el qui consistait à attirer Charles IV et Ferdinand VII dans le traquenard organisé à Bayonne. A Ferdinand Vil, Savary promit que !'Empereur, en le voyant, n'hésiterait pas à le reconnaitre comme roi d'Espagne el le jeune prince n'b.ésila pas à passer la Bidassoa pour se présenter au château de Massac où Napoléon avait établi sa résidence el où il rut reçu non en roi, comme il l'espérait; mais en prince des Asturies. Quant à Charles IV et à sa femme, il ne fut pas malaisé de les allirer au piège; eux-mêmes demandaient à venir à Bayonne pour plaider leur cause el ils arrivèrent le 30 avril 1808 au palais qui leur al'ait élé préparé. Dès lors, Napoléon Lenail dans ses serres d'oiseau de proie toute la famille royale, il ne devait pas les laisser échapper. •rout de suite, d'ailleurs, il jeta bas le masque et proclama énergiquement ses intentions de déposséder de la couronne les Bourbons d'Espagne. Nous ne pouvons entrer dans le délai! des intrigues qui se jouèrent entre ces augustes personnages, rivalisant les uns et les autres d'infamie et de ha-sesse. Pour tant Ferdinand \'li, sommé de cédet ses droits au tr0ne, résistait avec opiniâtreté; il fallut, pour obtenir sa signature, organiser une dernière scène plus odieuse et plus tragique que toutes les précédentes. Uu soulèvement qui se produisit à Madrid le 2 mal fournil du même coup à Mural l'occasion d'assouvir sa furie sanguinaire (les Madrilènes furent par centaines e,écutés sans jugement, pendant la nuit), à Napoléon le prétexte ch~rché pour brusquer les événements.
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