Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIR!s SOCI.\ LISTE Il y avait, au commencement du siècle, en Espa,;ne, 20~,l mabons religi,,uses d'homme,, l 07:i de femmes, et le nombre Lola! des 11ulividus des tleu, sexes montait à 02î~7). Certes, il esl en effet regrettable que Godoï 11'ailpoint misplus tl"énergic à débarrasser l'Espagne d'un pareil fléau, mais il faut au m,Jins lui 'llOir gré de sa per,picacilé. L'intention seule surfil d'ailleurs à liguer coutre lui toute celle formidable armée de prètrcs el de moines. li achern encore de surexciter les colères par la suppre,sion de, cuurses ,J,. taure,w, : Il sprula clu torero cl le crucHh du moine se trOlllèrent alors ri,unis en une re,I ,ut ,hie alliance contre l'aurlacieu, l"avori. El, tandi, que croi-,ail lïmpopnlarilé de Godoï, l"enlhou-ia,me areu);IC d,, la foule allait dt• plus en plu5 à l'héritie,· du trône, à Fertlinantl, prince des A,turics, amhit.eu, <'I ha.ineu,, jeune homme à l'àme encor,• plus ,tlTreu,r que le I b 1~e, mrmeur et traitre, l'an.,lique el soumis, digne tout '1 l,1Ldes espoirs que ploçaicul en lui Ir, g,•ns d'église et les pires rèacléurs tlu royaume. Tels étaient les personnages au, maius desquels les destinées de l'E,- pa;;ne ~-i lrouvaienl remise, el co1llre lesqueb :Sapoléou ail 1it e,ercer tour à tour sa diplomatie el sa brutalité, profilant d'abord a,·ec une suprême habileté des querelles de famille qui ébranlaient le trône el ne perdant 1:1 partie que pour a\'Oir compté sans l'opiniàlre r~sislance d'un peuple dont il knor .lit le caractère. li nous faut aborder maintenant rc,posilion des faits, ell~ sera au;,i hrhe que pos:;il.Jle: :'ious avons vu déjà qu'au lendemain de 'l'ilsil, :Sapoléon avait résvlu ,le marcher contre le Portugal devenu un des principaux entrepôts du cvull,lt'rc~ britannique; re~pédilion fut pri,cédée p ,r le Irai lé de Fonlainel.Jleau couciu .1vec Charles IV, auquel on promettait qu~l,p1e, province;, et le titre d"empereur lie, lnd,•s . .-\u,sitOI, dès le 17 novembre, Junot pénétrait en Porlu~al el alleignail ~n trois jours Lisbonne où il entrait avec quarante mille homme,. En même Lemps, et sous prétexte de proparer des renfort• p~ur Junot, ~apoléon inondait de troupes les villes espagnoles, faisait occuper P,unpeluue et Barcelone et envoyait Murat jusqu'au~ portes de Madrid (mars 11ill8.; les générau~ Dupont et l\loncey avaient précédé ce dernier dans la péninsule. Il ne rut plus guère permis alors à la famille royale de se méprendre sur les projtls de Napoléon, et Charles IV, craignant de tomber aux mains des troupes de son • cher allié •, essaya de quitter précipitammcrll son palais d'Arllnjuez pour se réfugier en Andalousie, obéissant ainsi aux conseils pr,•s• Anla do • prince de la Paix•· Le peuple vil dans celle tentative d'érnsion unir preuYe de trahison el l'émeute ne tarda pas à devenir menaçante, elle einahlt l'hôtel de Godot, faillit l'écharper et viol gronder si for,uidablement

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==