2\ lllSTOIIU, SOCIALISTE de Jourdan, le vainqueur de Fleurus, désigné pour Nre interné à la l\ochelle. L'opinion publique se révolta ü l'annonce des proscriplions noul'elles, el tous les journaux, sauf bien e,;tendu les organes royalistes, prolcstèrent. Du reste, dans le gouvernemenl mt)me, on se préoccupait de détruire le mauvais elîel produit par la publication de rarrNé. Bonaparte, dans une conversation avec Cambacérès, s'empressa d'affirmer qu'il n'était pour rien dans l'établissement des listes de proscriplion; il réprouvait une semblable mesure el, pour que l'arrèlé perdit toute valeur, il conseillail à Cambacérès de ne pas le faire insérer au llullrlin des loi.,. Quelques jours plus tard, Fouché, recevant Jourdan gui lui aYail écrit pour se soumettre. lui dil de la part du général Bonaparte que c·esl Sieyès qui a clres,é la liste. que le Yainqueur de Fleurus « peut se retirer où il 1oudra. et qu'il continuera à jouir de son traitem~nl d'officier g~néral jusqu'à cc que les circonstances permettent de l'employer ». \.Votice de Jourdan sur le 18 lJrumairr). Ainsi Bonaparte ne négligeail pas de se donner comme le réparateur des fautes commise, par reux qui parlageaient le pou1oir avec lui. Ce qui est tout à fait extraordinaire dan, son attitude i1 l'égard de Jourdan, c'esl qu'il parait lui restituer ,a lilJerlé et les bénéfices de rnn grade, alors qu'officiellement Jourdan n'a pas été frappé, puisque ,on 110mn'e1isle pas sur la lble de ceux que le, consuls ayaient condamnés. En réa li lé, ce que cherche Bonaparte, is-à-vis de Jo11rdan, comme vis-à-vis de tous, c·est grandir sa situation personnelle; on i., rnit hien, du reste, au ton de h• lettre, en fülle du :; frimaire, qu'il adressa au g(•néral : « J'ai reçu, citoyen général, \'Oire lettre du ~,o brumaire. Vous avez été froissé dan~ la journée du l!I. Enfin, yoilà les premiers moments passés, et je désire bien vhemenl ,oir con,tamrnenl le vainqueur de fleurus sur le chemin qui conduit à l'organisation, à la 1·érilaùle liberté el au bonheur. ~lais dans quelque position que le, circonstances vous placent, ne doute1. pas de ramiti(• que j'ai pour vou,. <• BONAPAHTE. • .\insi Jourdan fut désarmé, el bien d'autre, après lui firent leur soumis- ,ion, gagné; par la séduction personnelle de Bonaparte, par la peur, ou par Jïntér4't. Les adhésion, au ré;,ime nouveau se firenl plus nombreuses encore quand, le'• frimaire, on apprit que l'arrêté de proscription était rapporté : les trente-quatre restaient ,implement sous la surveillance de la police. Dès lor", de fermes répuùlicain, ,e rallknt: Beyts, député de la Lys; Porte, député de la Haule-Garonne; Duche-Delisle, dépulé de la Charenle; Joubert, député de l'Iléraull; Berga,,~. député de l'Ariège, d'autres encore, exclus ou proscrils, écrivirent aux consuls, à Bonaparte surtout, pour a,;surer le gouvernement de leur fidélité. Le .lloniteu,· publia, le W frimaire, une lettre de llar/>re, proscrit de Thermidor, encore influent parmi les républicains, où l'approbation la plus ferme était donnée au coup d'f:tat de brumaire. Il écri-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==