Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

TIIS'l'Ol llE SOC!Al,ISTI\ Le:.!~ brumaire, sur proposition consulai1·,., la loi des otages l'l~iL rapportée. C'était là l'œuvre paciOratrice non d'un homme, mab d'un gouvernement: les consuls arnienL proposé, les commissions avaient ado1ll1!... 01·. qui va bénéficier de l'accueil chaleureux fait à la loi libérale: c',,,t Bonaparte. C'est qu·,,n effet, le gên(•ral ne manqua pas de rncllre, il cùlé du LcxLeanonymement proposé et vol<',un geste de lui. et de lui seul, pour retenir l"allenlion populaire. • Bonaparte a été ,·biler aYant-bier les maisons ct·arrêl: il a luimême interrogé les détenus, il sesL assuré de la salubrité de l!'u1·s prisons, de leur ·nourriture el dr la conduite des geùii,•rs envrr:; eux. On 1Jit qu·au 1'emple il s'e,l fait représenter les écrous el a,ur-le-champ mis en libt•t·t,·J,,s otages, en leur disant:" L"ne lui injuste rous a pri,éô'de la lihcl'k: mon • premipr devoir esL de yous la rendre ... • 1;acetlP de Fm11c1• dLl !7 brumaire). La confusion sera Lùl faite : DonaparLP cl l.1liberlé. Ce1e11danl, durant quelques jours, on puL craindre que Je gouvernrmenl ne se lai~•ât allrr, comme ceu~ qui l'anienl précédé. à des mesures tle rigueur contre le parti considéré comme vaincu. Ce ne rurcnL J;\ que crnintes passagères, et l'histoire de la proscription des républicains nous monlre une fois encore comment Bon;iparle trnla, ,rlon le mol de ~r. \'andal, « de se poser en modéraleur de ses collègues » '· La liste de proscriplio11 du ~'Ofrimaire. dr1•s~èepar Fouché sur Jïnvitation de Sieyès el aYCCappl"Ollilliun cerlaine de 1lo11aparle. frappait de bannbsement :Ji «Jacobins» el ordonnait l'i11ternementde l!1 il la Rochelle. Parmi cem qu·on envoyait à la r:11yane ,w lrou1aient Dcstrem, Arena, Féli, Le Pel<'lier, Charles lle,sr, Fournier, i1amin - qui disait a,oir Lui· la princesse de Lantball1·, - Duhrcuil qui. dans un factum publié le 1., lrimaire. attaqua Bonaparte aYec audac,', lui 6crivanl : « Si le flambeau ck la vérité doiL éclaire,· e11core une fois 110Lre indépendance, puis,es-Lu èlre la dernière iclol1• du peuple françai,;. " .\u nombre de ceux <1(,-ii;né, pour l'interncmenL dan:; la Cbarenle-lnférieure, figuraient Briot, ,\ntopelle, Tilly, C\-chargé des affaires à Gènes, Oelbr,,1, Talbot, etc. L'arrêté, dans son troisième paragraphe, slipulail que les inllivirtu, condamné;; sernienL rles•aisis tle tout' droil de propriél6 jusqu'à leur arrivée au lieu fixé pqu1· leur embarquement. C'étail un moyen pour oblig,·r tom ces hommes. di,,eminés sur le territoire de la Répuhli()lte, à se remettre aux mains des autoriU1s, sous !'Cine dP voir lenrs familles ruinfrs. L'arn'Lé des consuls fut arfiché à Paris le :!Û. Le Journnl rlrs Rép!tblicain.s, en date du :/!J. donne Je texte Lei qu'il l'a copié sm· les murs, el il ajoute que chacun, apr~s avoir lu celle pièce,« se relire en silence; quelques personnes seulement paraissaient a5sez salisrailes, se disant entre elles à -voix basse: « Cela commence, cela commence"· La liste ainsi afOchée à Paris comprend quelques noms de plus que la liste qui figure an Regi.ïll'P des 1tt'/ibi'- rati~ns des co1w,ts', el, parmi ces noms, un est surtout remarquable, celui L o: c., p. \27. - 2. Cf. Aulard, Rtg. de.~dilib. clct crJ1u. p,·,1t·. 1 p. 6 et 8.

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