Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

326 HISTOIRE SOCIALISTE contre Ir cuch,•r cl le hous1,illa d'importance, el, parce 1111• le, tlonw-lique de ~I. de Larochcfoucauld reçut ain~i quelque, horion,, :-.~poléon fei:_nit une Yi,e indi;:nation et déclara ne plu, vouloir d'aml,a,saùeur 11.illollan I,• à Paris : l'amiral \"crhuel reçul l'ordre de quiller la capitale dans les vingt•q11atr~ hrure•. Mai1,tenant les événement, vont se précipiter : un décrel du 5 Jui,1 mutile de nouveau la llollande el lui prend le, tles Walcheren, Sud-Beveland, Nord-Be,·elan1l, Shaa\'en el 'l'holen pour former le ùéparlemcnl des B,ui,hesde-l'Escaut; la reine Hortense abanùonne son mari el quille Am-lerdam pour venir sïn-taller à Plombi~res et, en m~me temps, les troupes franç·li,es reçoivent l'ordre d'envahir le royaume el de marcher sur Amsterdam. Louis songea d'abord à rési-ler et à organiser dans ses Etals une défen~e désespérée: mais, trahi el découragé par ses conseillers, il se ré-igna à ab liquer, le 1·• juillet, en faveur de son fils, qu'il remit, au pavillon royal de Harlem, entre les mains du général Bruno. Deux jours après, il sortit du palais à minuit, sauta dans une voilure cl s'enfuit précipitamment jusqu'en Bohême. Ainsi débarrassé d'un frère détesté, Napoléon ne tint aucun compLe des volontés du corps législatif hollandais, qui venait de proclamer roi le filsainé de Louis, sous le nom de Louis li, el, le 9 juillet, il flt paraitre un décret par lequel la Hollande élail déclarée réunie à la France. Quant à son neveu ainsi dépossédé, :'.'{àpoléonle consola par de publique; embrassades, accompagnées d'un discours étonnant : • :-.·oubliez Jamais, dil-il au jeune prince, dans quelque position que vous placenL ma politique el l'intérèt de mon empire, que vos premiers drvuirs rnnl Cll\ers moi, vos seconds envers la ~'rance; tous vos autres devoirs, même tcu, envers les peuples que je pourrais vous confüir, ne vienucnt qu'après! • Les de,oirs emers les peuple, 1 Qui donc s'en souciait alors en cette pér;ode barbare où les nalionalités s'imposaient à coup, de canon? - Soumise au régime napoléonien, la llollanùe connut alors ses plus maurnis jours : humillée dans ~a fierl•', ruinée par le blocus conlinPntal, décimée par la conscription, terrassée par .des mesures ve,atoires, réduite au silence par une censure tyrannique, elle parut se rési;:;ner; mais la haine emplissait tous les cœurs el n'attendait qu'une occasion de se manifester. Cette audacieuse spoliation eut, en outre, pour effet d'é<:arterles derniùres sympathi,•s qui restaient encore en Europe à Napol(•on, et le czar Alexandre, en parliculirr, interpréta comme une provocation ces perp<ltuelles exten,ions ùu territoire français. li y a,·ait déjà longlemp•, d'ailleul'll, que l'alliance française app·,raissait, en Rus;ie, romme une Intolérable duperie. Ici encore les ré~ullats du blucus continental n'avaienl point tardé à se faire sentir et à transformer en co:1tinuels désaccords les cordiales relations nouées fl. TilsiU.

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