Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllti'l'OIRE SOCIALISTE Le:!:? mai 1807. le minislre Champagny écrivail à èlapoléon un rapport' pour lui ,ignaler les effets du décret du :?2 février 1800 : L'im1>ortalion des toile:; de colou en France étai l de 70 à 80 millions de francs. Elle a cessé. Celle des fils s'esl réduite de plus de moitié. C'élail toul bénéfice pour l'An- ::,lelcrre. En février :1806, il y avait en France l'approYisionnement d'une année au moins en lissu de coton étranger. Toul cela s'esl écoulé el pendant ce temps des métiers se sonl montés. Ce n·esl qu'en octobre ou novembre que le, elTcl~ùu décrel onl commencé à se faire senlir. Alors l'aclivilé clans la Seine-Inférieure, le Nord, l'Aisne, la Somme, le Haut et le Bas-Rhin, l'Escaut, la Dyle, le Yard, elc.; a repris. Rouen, Saint-Quentin, ~lulhouse ~onl les villes où le travail a surtout été repris pour le plus grand bien d'ouvriers sans emploi. Percalines et calicots sonl livrés au, mornes prix el qualité que ceux qui venaient du dehors. Les toiles étrangères qni ·restaient à épuiser n'ont pas haussé. Sainl-Quenlin rivalise avec Tarare pour le, mousselines. Comme un million de pièces de toile exigent :i millions de kilogramme~ tic fils, une heureuse répercussion s'est faite sur les filatures qui livrent lenr:< fils au fur el à mesure de leur fabrication. Le préfet de la Seine-Inférieure con,tale que la moitié de ses administrés formant la population manufacturière de son département s'est remise au travail... La situation des manufactures n'était pou riant pas brillante à la fin de la période que nous étudions. Le 13 mars 18071 , Champagny accusait à l'empereur réception d'une lettre du 4 janvier où ~apoléon marquait sa volonté de mellre chaque mois 300000 francs à la disposition du ministre de l'Intérieur pour donner du travail au~ manufacturiers, el de consacrer trois millions de revenus de la couro1Jne à l'ameublement des palais de Compièfme cl de \'ersailles. Champagny aurail voulu entreprendre de suite des travaux sans allendre que l'empereur ait statué sur les résultats du conseil réuni pour statuer sur ce qu'il convenait de faire av~c les 300000 francs mensuels; ruais l'archichancelier s'y était opposé. Le ministre attend donc des ordres, et il dil : « J'ose les solliciter avec quelques instances. Les ouvriers de Lyon sont dans la misère ». Les Américains, qui avaienl fait quatre millions de commandes pour profiter de la bassesse des prix, ont reçu livraison et ne dema11dent plus rien. La manufacturP de crislaux du Mont-Cenis' est sur le point de crouler et Champagny lui a versé :.!O000 francs à titre de secours. Le ministre de l'Intérieur, apprenant qu'un traité de commerce allait être conclu ,·nlre la Bavière el l'llalie, den,ande qu·auparavant il en soit passé un entre la France et l'llalie. li joint à sa lettre u11 p,.ojet de commandes pour fameu1. Archi•es nationales AF',,. 1060. :! . Archive, nat.ionale1. Ati'1 ' 1 1000. a. J .c Creu!!O\.

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