Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

2/i't IIISTOlllE SOCIALISTE !lh,în,•, rl,• la Gironde plus tard. fircnt rampagne contre les rompa,;nons et ne trouv/>rcnt pas clc rési$tance. L"opinion pnbliquc. du reste. ne pouv;iit ~c prononrcr pour le•; ouvriers affilié$ atn rnciélés dc compaimonnagc en raison rlP, ri\'alités N des haines. srparant lcs clifîérents l-(rou1ies de compagnons, rivalités trop $011Yentmarquées par des meurtres cl des violences'. )fais le gouvernement nc se servait de res violences que comme ,l'un prétexte; l'essentiel pour lui était d'empêcher cles réunions d'ouvriers. L"n exemple qui le montre avec force, est le rdus qu'il opposa à une tentative du préfPt de Bordeau,, pour grouper les ouvriers de celte ville, dans le but d,· les rniru3· ob.w•rvrr, le seul fait du groupement parnissanl dangereux! « Le prérel cle la Gironde, dit un rapport'. soumet à l'approbation de S. E. le sénateur, un arrêté qui a pour but de faciliter la surveillance des ouvriers à Ilonlcau, et dont les principales dispositions offrent à la pensée le rétablissement des corporations: le maire esl autorisé à réunir les chefs d'ateliers, ouvriers de chaque profe,sion cl hommes de princ, pour créer parmi eu, des inspeclem·s cl sous-inspecteurs. Le premier choix doil ~trc fail par Ir. mairr. Dans la suite, ces surveillants seronl choisis par les ouvriers mêmes et rnnouvelés tous les ans par moitié. Ces inspecteurs el sous-inspecteurs doivent tenir état de tous les ouvriers et des renscignemenls sur la conduite, la moralité, les moyens d'exislence de chacun ct·etl\, etc., de manière qu'ils puissent fournir à l'autorité, à Ioule réquisition, les renseignements qu'elle c•,igera. Ils c,erceront en conséquence une CSJJècede surveillance et de police sur tous leurs subordonnés. On observe que la faculté d'élire des inspecteurs, confiée à des Olllricrs, a des inconvénients. Les corporations ayanl él6 supprimées, toute mesure indirecte qui tend à les rétablir. ne peut ôlre que l'efîet d'une loi ou d'un décret impérial. • En r(·sumé, et d'une façon généralr, le prolétarial ouvrier apparaît bien pendant If' Consulat et l'Empire comme entouré de barrières qui doivent l'isoler de la nation, et dans la classe prolélaire clic-même, l'individu esl isolé et ronclamné à demeurer tel. Tenu dans celte condition ,ocialc toul it fait inf'éricure, le prolétariat ne bouge pas, parce que Bonaparte le gave de gloire militaire, parce qu'il est lassé cl épuisé par les luttes de la Révolu lion, parce que le pouvoir veille à cc qu'il ne manque pas de pain. Bonaparte voulut toujours êlrc exactement renseigné sur l'étal des approvisionnements en France d·unc manière générale, à Paris en parliculier, et dans sa corrcspondance,\commc dans les documents d'archive;, on trouve la trace constante de celle préoccupa lion 3 • En l'an IX et surtout en l'an X où la 1. Il y a,·ait Les enfanl3 de ~alonwn oii Dcvoi,· de libe,·lé, comprenant les tailleurs de pierre, les menuisier& (ga,.0Ls) 1 les !)crruriers et les les E'nfa,its rie Maitre Jacque~ ou compagnons du Devoir, .usocialion strictement. catholique de nombreux m6Uen. Voir Manin SamtLèon, o. c. pp. ~l et !1J. 2. ArcbiYes Nationales, F1 3711. a. \'Qir Levasscur, o. c. l, p. 330, note 1.

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