Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE c1ue, dit Chaptal, il ne faut négliger aucun moyen de laisser intact le patrimoine du pauvre. • Et il terminait ainsi : « J"aime à penser qu'il n·y aura aucun citoyen· qui puisse se plaindre d"un rncriftce aussi insensible, dont le but est si conforme à la justice et à l'humanité. • Laplace n·eut pas à ('xécuter ,on projet car, en nivôse, nous retrouvons un rapport de Lucien Bonaparte, devenu ministre de l'Intérieur, sur le même sujet; mais celle fois un arr(•lé des consuls, tout entier écrit de la main du général Bonaparte, porte 1 : • Les consuls a,·rèlenl ce qui suit : ARTICLE 1". - Le ministre de l'lnlérieur emploiera, pendant Ir, mois de pluviôse el de ventôse, :l 000 ouvriers à des travaux public,. AnncLE 2. - line somme de 72000 fr., néce--airc par chaque décade pour cet objet, ,era payée de la manière suivante: 1° lOOOO francs par le préfet de police; 2' 25 000 francs par l'accessoire de l'octroi municipal cle la commune de Paris; ;J• 37 000 francs par le ministre des Finances sur ses distributions décadaires. ,\nncLE :). - Les ministres de l'lnlérieur, de la Police générale et lies Finances sont chargés de l'exécution du présent arrêté (qui sera imprimé'). Si~11ë : BoNAPAHTE. En conséquence de cel arrèlé, du lravail fut immédialemenl donné aux ouvriers, mais il faut croire que les bureaux, l"adminislralion procédèrent à une répartition fâcheuse des fonds et que des murmures précurseurs d'agitation s'élevèrent, murmures quïl importait de calmer au plus tôt, car on lil au regblre de la correspondance du ,ccrélaire d"Elat, à la date du 27 pllll iôse an \1113 : « Au ministre de l'Intérieur. « Le, consuls sont informés, citoyen mini:;tre, qu'il circule dans Paris des v1ai11te, ,ur 1'11,égalité ùe la distribution des travaux auxquels des l'onds ont èlè affectés pour les ouvriers de Paris qui ,e trouvent sans travail. On répand mème que l'emploi de ces fonds n'est pas fait avec fidélité. Les consuls dé,irent que vous preniez des renseignements à ce sujet. lis vous im itent aussi à porter volre surveillance à cet égard sur les employés du département el mème sur ceux qui sont attachés à la division des secours publics de votre mi11istère, et à leur !aire conna!lre les notions que vous al'ez recueillies. » Les tra,au~ qui, vrimitivemenl, ne devaient durer que pendant plul'iôse el ventôse an VIII, furent prolongés à deux reprises différentes. Le ~ 1e11lôse an \"Ill•, en effet, un rapport du bureau des bàlime11ts ch ils exposa au 1. Archives nationale,, AF•,-, pl. 19, 18 nÎYÔle an VIII, n° $. 2. Rayé sur l'original. a. Archivea nal.iona.les, AF" 124. 4. Arcbin1 naûl)nale■, AF1 \ pl. 38, n• 9.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==