Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

21:? IIISTOJllE SOCIALIS'n: Ulrn. ~hlck ~e trouve cerné avant même de connaître la ,itualion des rorr!'s françaises. C'est en l'ain qu'il veut s'ouvrir un passage: il est battu à \,'erlingen (8 octobre), il Memmingen, à Elchingen. Toujours rejeté dans Ulm, il voyait se resserrer autour de lui un cercle qu'il ne pouvait songer à rompre. li ne pouvait non plus allendre aucun secours :son lieutenant Jellachich était acculé var Augereau dans le Vorarlberg; l'archiduc Ferdinand, battu par Mural il Neresheim, ,'élait réfugié en Bohème, les Russes étaient encore il Linz. Dans ces conditions, i\lack se rendit le 20 octobre 1805 avec ses 33000 hommes, 60 canons et 60 drapeaux. Le même jour qui vil ce succès extraordinaire vil l'anéantissement de la puissance maritime française. Villeneuve, qui s"élail réfugié à Cadix ainsi que nous l'avons dit plus haut, était rendu par Napoléon responsable de l'échec de la granrle combinaison qui aurait permis en cas de réussi 1e le passage du Pas-de-Calais. L'amiral, affolé par tant de reproches cl sans confiance aucune dans une flotte fatiguée el mal armée, fe décida à quiller Cadix et il affronter l'ennemi. li conduisait au feu des marins sans expériencr, qu'on avait brutalement ramassés dans toute la France el qu'on avait mis <le force sur des vaisseaux, « des matelots paysans qui ne ,avaient point manœuvrer, point tirer, el que, selon l'ancienrte méthode, on faisait viser au màl, au lieu de tirer en plein bois. dans la coque des vaisseaux, comme faisaient les .\nglais 1 ». Villeneuve avait prévenu le ministre d~ la .llarine, Decrès. de son infériorité, mais sans succès. A la hauteur du cap Trafalgar, l'escadre franco-espagnole, forte de trente-trois navires, heurta l'escadre anglaise qui n'en complait que vingt-sept, mais que commélndait Nelson. Après un comhal acharné, les Anglais demeurèrent victorieux, el treize vaisseau, alliés seulement rentrèrent ù Cadix. Nelson é,tail mort. Villeneuve élail prisonnier'· Désormais l'Angleterre n'avait plus rien il craindre sur mer; elle pouvait agir en toute liberté. Cependant Napoléo11 ne perdait pas une journée : il craignait à la foi,, s'il lardail, cl que les Russes pussent entrer victorieusement eu lis;ne, et que les Prussiens prissent position contre lui. C'est donc en toute hâte qu'il porte l'armée sur \'ienne, par la rirn droile du Danube, commettant, au reste, l'incompréhensible impru~ence de laisser sur la rive gauche Ir corps de ~lorlier, gui ue pouvait en aucune façvn communiquer avec le gros de l'armée, car le IJanube est large el rapide, el, dans loul son cours supérieur, impraticable. Celle faute faillit avoir de graves conséquences, car les l\usses de K ,ulouzof, repoussés par la Grande-Armée le long de la ri l'e droite, frauchil'rnl le Danube à Krems el se portèrent alors contre ~lortier, gui se battit vigoureusement entre Stein el Diernstein, mais qui, cerné, allait •uccornbcr, 1. .'lliehelet, J/ù,toire du ~'-L\• sièck Ill, 171. 2. Villeneu,.e remis en liberté fut traduit par Napoléon dennt un conseil de guerre. Il s&- coupa la gorge dan, sa prison.

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