Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

180 HTSTOIRE SOCIALISTE Pitl reparait. •routes les reprises de négociations échouent, c'est la fin. Le i:? mai i80:\, Whitworth quitlait Paris. Ainsi, la France retournait à la guerre. Celle guerre, il ne faut pas hésiter à le proclamer, c·est Bonaparte qui l'a voulue. Les pourparlers, les négociations, les longues notes de cabinet à cabinet, tout cela n"était point son a!Taire. Accroitre toujours son autorité, agrandir « son • domaine dans la pai, ou dans la guerre, voilà ce qui lui convient. Les traités quïl veut voiler de crôpe, il n·cn respecte aucun, ou plutôt il cherche derrière eu,, eu dehors d'eux, à porter atteinte aux droits des peuples qui l'entourent. Nous savons ce qu·est celle politique. Faut-il, aujourd"hui encore, en donner un exemple? N'avons-nous pas vu un pays entretenu loin de toute vie politique, une nalion étouffée sous le joug le plus pesant dP. l'autocratie s'étendre en pleine paix el tout à la fois par des traités et au mépris des traités, heurter les intérêts considérables de peuples voisins? Le jour, où, par une telle politique, un conflit éclate, on entend alors le pillard accuser le pillé, et tenter une réhabililalion impossible. La vie qui désertait la nation française tenue à l'écart de celle activité qui, pendànt la Révolution, l'avait faite vraiment maitresse d'elle-même pouvait renallre. Bonaparte ne le voulait pas. li fallait employer toute !"énergie nationale, mais en vue de sa propre gloire. Or, la guerre lui paraissait le moyen le plus s0r de parvenir à celte fin. li parlait aux ambassadeurs, selon le mol de Whitworlh, comme un « capitaine de dragons •• el non comme un chef d'État. C'est qu'il est, avant tout, un capitaine el que, parvenu par les armes, c·est par les armes encore qu'il espère atteindre au plus haut sommet. La guerre est sa chose. La guerre contre l'Anglelerre a des chances d'être • nationale ». Et pourtant, c'est avec défaveur que l'annonce de la rupture fui accueillie. • Paris ne manifesta point. li y eut seulement quelques mur• mures dans le peuple des Halles. Les gendarmes faisaient peur; on n·osail blâmer . .Mai;;on n'approuvait point el la police dut déployer un zèle r~traordinaire pour provoquer quelques apparences de démonstrations favorables'· » On \lvait cru à la paix définitive I llélas n'allait-on pas croire bientôt que Bonaparte avait loul fait pour la rendre telle, el qu'il n'avait élé contraint à la guerre que par la perfidie el les attaques anglaises! La lutte commençait avec tous les signes du mépris le plus profond pour le droit des gens ou le droit commun : le i6 mai, le roi d'Angleterre ordonnait de mettre l'embargo sur les na vires de commerce français et hollandais; quelques jours après, Bona· parle faisait jeter en prison tous les Anglais qui se trouvaient en France, faisait arrêter le secrétaire de l'ambassade anglaise el les bagages de Whitworth. Lord Elgin, amùassadeur d'Angleterre à Constantinople, qui débarquait à Marseille pour aller s'embarquer à Calais, ful mis en forl~resse, quoique malade. Sir James Crawfurd, ministre d'Angleterre à Copenhague de passage en t. Sorel, o, c., p. 29:,,

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