Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

174 IIIS'l'OJHI> SOCIALlS'1'1' Dl,;UXIBME SEC1'ION Jusqu'à l'établissement de l'Empire CIIAPJ'l'RE PREMIEll LA, RUPTURE DU TRAITÉ D0AlJIENS Du mois d'ao1H 180:l au mois de mai 1804, c·esl-ù-dire pendant les doux derniôres années du Consulat à vie, l'higtoire nous ap1mratl comme le développement d'une longue vcill~e d'armes. Les adversaires des luttes gigantesques qui vont se déchainer bientôt à Lravei·s Loule l'Europe, mesurent leurs forces, prennent leurs positions. A l'abri d'un régime international incomplcl el bâtard résullanl des deux paix : Lunéville el Amiens, des ambitions s'agitent, des haines se développent, des alliances s'ébauchent. Bonaparte, enfin mallre de tout le pouvoir rlans la République française, reprend seg rêve, de domination extérieure el agit dans la pah comme il aurait fait dans la guerre, sans souci de traités qu'il sail instables el ciu'il est prôl à déchirer. En attendant, il tente d'en tirer le plus de bënéflces qu'il lui est possible. Aux termes du traité de Lunéville, la France el la Russie devaient se mettre d'accord pour indemniser les princes allemauds dè1 ossédés. c·esl le premier consul el Talleyrand qui procédèrent à celle réorgani-alion de l'Allemagne, à peu près ~ans aucun concours de l'empereur Ale,anrlre el de son envoyé à Paris, Markor. La pensée constante cle Bonaparte fut cle substilner au morcellement territorial qui régnait en Allemagne, un petil nombre d'Elals dont il ferail se~ alliés. JI a élé un des artisans le, plus efOcaces de l'unilé allemande, qu'il envisageait comme devant lui ôlt·e très profitable. Il enteudail, dil M. Sorel, « constituer il la Hépublique un système d'alliés, de cliPnts, d'enrichis el .J'arrondis, quelque chosr comme l~s ci-devants régiments du Royal-Bavière, du Royal-Deux-Ponts el autres mercenaires de qualité, transformés en armée du dehors, en armée de confins r.1ilitaires, montant, pour le compte de la République, la garde sur leur JJropre territoire 1 ». On vil alors accourir ù Paris une nuée de princes qui venaient tendre la main cl solliciter des bienfaits ùe la !li-publique. « Les écrivains d'outre-llhin ne parlent que la rougeur au Iront de ces Jours d'humiliation où se ruaient vers laservitude celle tourbe de princes, de seigneurs el de villes qui allendaient de la bouche d'un Corse parvenu l'arrél d'où dopcndail leur existence•», Ils assiégeaient aussi 'l'alleyrand, dont Mirabeau disait:• Pour de l'argent il vendrait son a.me, el il ourail raison, car il troquerait son fumier contre de l'or "· El c'est, en effet, en oubliant sur la table du minl~tre français leurs lnbalièrcs remplies de louis que lrs Allemands lui laisai~nl le mieu, leur cour. Ces négociations d'un caractère spécial se terminèrent par le R1•cès dt l'Empire du 1. o. c., p. 2:JQ. 2. J>enie. L'Allcma9,1e 1 17?19-1810, p. 16:",.

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