Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

166 IJl!:lTOIRE SOCIALIS'l'E armée,. l\os baïonnettes sont JJl't 1tes ,, nous venger d.i l'outrage qu'on nous a rail en les faisant tourner contre nous-me•mcs à la fatale journée de Sainl• Cloud; qu'ils disent un mot et la République sera sauvée! • Toul cc que contiennent ces deux pièces n'était, en somme, que la conden· salion, la rédaction de ce qui se disait jonrnellemenl autour de Bernadotte, et, lorsque le préfet Mounier, mis au courant du « complot» par le général de division Dclabordc, eut fdit arrêter l'imprimeur Chausseblanche, dont les presses avaient servi il l'impression des libelles, le premier nom qu'il obtint, comme étant celui du cher de la conspiration, fut celui de llernadotle. Le général, il est vrai, élail à Paris et prenait toutes ses dispositions pour n'être pas inquiété. Ses relations avec Fouché étaient précieuses eu de telles circonstances'· D'ailleurs, si le complot, par aventure, avait réussi, il était prêt à marcher, d'accord avec Moreau•. Pendant ce temps, le général Simon, son chef d'état-major, était arrêté, ainsi que le lieutenant Bertrand et le capitaine Rap,itcl. C'est Simon qui avait écrit l'appel; il fut envoyé à Oléron, puis au Temple el mis en surveillance à Yitry-sur-Marne. Bertrand otait l'auteur de l'adresse; il fut enfermé au 'rem pie. Quant à Rapale!, aide de camp de Simon, trouvé en possession d'un paquet de libelles, il fut destitué et mis au 'J'emple. On arrêta encore le capitaine Fourcarl et le lieutenant ~larbol, frère du général qui nous a laissé des Mémoires pleins de verve et de fantaisie, à défaut d'exactitude. Et, ici eucore, nous ne voyons point de procès; Bernadolle ne fut pas inquiété, bien que Bonaparte sût parfaitement à quoi s'en tenir sur son compte. Il lui déplaisait, saus dûule, de laisser mettre au jour les dissentiments qui existaient entre les chefs de l'armée et lui. Au surplus, c'esl par la guerre qu'il pensait les rallier, et il devait leur donner assez d'occasions de se ballre ! L'opposition, les complots, les conspirations ou les menées de Ioules sortes et, en réponse, la con~iliation ou la violence, les injustices, les violations de toutes les libertés, les répressions !ailes au grand jour ou dans l'ombre, tout cela devait aboutir encore au coup d'Etat. Bonaparte voulait poursuivre sa marche ascendan le pour se mellre hors de toute .porté humaine. 8011 désir était connu autour de lui 3 : les Rœderer et les Cambacerès l'appuyaient, Fouché le contrecarrait. Le Premier Consul entendait continuer à jouer sou ordinaire comédie : ne pas paraitre demander une augmentation de pouvoir, se laisser tout olîrir el sembler ensuite céder au vœu de la nation. Le 6 mai 1soi (16 noréal an X), Chabot, qui présidait le Tribunat, lut il l'assemlilée le texte du lrailé d'Amiens et proposa de donner« au général i. Voye, M•• de Stad : Diz am d'exil, ch. :nm. - Cf. Madelin : FoNchi, 1, ~- t. C'est, du moins, cc qu'il avait dit ;l Simon. 1\Jais Moreau nia toujours uoir été au cou4 ra.utde ce complot, dans lequel Bonaparte auraiLété désireux de le Toir compromis. ;t Voir, en particulier, le, démarches de R.œderer pour décider le Séoat à nommer Bonaparte consul à vie. (U~utu·ei de Rœderer, III, aG.)

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