HISTOIRE SOCIALISTE 163 quoi furent-ils coupables? D'avoir bavardé en retroussant, sans doute, comme font les gens de guerre, les crocs de leurs moustaches, et Pn mettant dans leurs regards beaucoup plus de résolution qu'ils n'en avaient dans l'âme. Delmas•, dont on se rappeJle le propos hardi au sujet du Concordat, fut mis en retrait d'emploi et placé sous la surveillance de la police. Lecourbe, qui avait contribué à la victoire de Zurich et faisait p1rtie du cortège d'admirateurs de Moreau, dut partir à l'étranger en attendant d'êlré rayé des cadres de l'armée. Le colonel Fournier, qui avait offert de tuer Bonaparte en pleine parade d'un coup de pistolet, fut arrêté, le 7 mai 1802, et enfermé au Temple. Le chef d'escadron Donnadieu, républicain de la suite de Moreau et ultraroyaliste sous la Restauration, fut destilué et enfermé au Temple, puis à la Force, en même temps que Fournier dont il partageait les sentiments. No1,1s voyons donc bien qu"il y eut des mesures de rigueur prises, mais nous n'apercevons pas une action d'ensemble. Pas de véritable complot, pas de procès en réponse. Bonaparte pratiquait à l'égard de l'armée la politique • d'étouffement•· On le voit bien,ldu reste, à l'occasion de ce qu'on a appelé le complot des libelles•. Il s'agissait de soulever la garnison de Rennes, - Bernadotte, commandant l'armée de l'Ouest, résid&il à Rennes - et de déterminer un mouvement général des armées contre Je gouvernement. Un Appel aux Armées el une Adresse des Armées aux différents corps et milüaires réformés et isolés de la République furent rédigés el envoyés par paquets da1s toutes les directions. Le centre du mouvement était Rennes. L'Appel disait : « SOLDATS DE LA PATHIE, • Est-elle enfin comblée la mesure d'ignominie que l'on déverse sur vous depuis plus de deux ans? ltles-vous assez abreuvés de dégo0Ls el d'amertume? Jusques à quand souffrirez-vous qu'un tyran vous asservisse? Qu'est devenue votre gloire, à quoi ont servi vos triomphes? Etait-ce pour rentrer sous le joug de la royauté que, pendant dix ans de la guerre la plus sanglante, vous avez prodigué vos veilles el vos travaux, que vous avez vu périr, à vos côtés, plus d'un million de vos camarades? • Soldats I vous n'avez plus de patrie, la République n'existe plus el votre gloire est ternie. Votre nom est sans éclat el sans honneur. Un tyran s'est emparé du pouvoir el ce tyran quel est-il? Bonaparte! • Quel était votre but, en comballaot pour la République? D'anéantir toute caste noble ou religieuse, d'établir l'égalité la plus parfaite. Votre but était rempli, mais votre ouvrage ne subsiste plus. Les émigrés sont rentrés de toutes parts; les prêtres hypocrites soul salariés par le tyran. Les uns el les autres composent son conseil; les uns el les autres occupent les emplois, t. Supra, p. g'I, 1. Voir Ouillon : Lu Complou mü"8iru '°"' 1• C""""4t •t l'Empi,.._
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