162 HJSTOIRE SOCIALISTE }<;ndehors des actes d'opposition émanant des assemblées, en dehors des conspirations de parti, nous devons faire une place à ce que l'on appelle l'opposition républicaine de l'armée, puisque celle opposition s'est traduite, elle aussi, par des « complots ». Les militaires, les chefs surtout, étaient envieux de Bonaparte. lis le voyaient parvenu à la tête de la nation, et chacun songeait qu'il avait, tout comme le premier consul, un sabre qui serait f'orl capable de s'élever au-dessus du pays. La paix leur donnait de l'oisiveté. Le Concordat les avail conduits à l'Eglise el ils étaient ardemment irréligieux ... Ils songèrent à renverser Bonaparte et, comme celui-ci accroissait chaque jour sa puissance aux dépens de la liberté, ils se proclamèrent les dMenseurs de la République. Ne nous y trompons pas: les uns, derrière cette étiquette, abri laient surtout leur ambition personnelle; d'autres, habitués à la guerre, ne voyaient dans la République qu'un préte xle à retourner aux camps; peu, en somme, étaient vraiment républicains - sauf parmi les soldats. A Paris, des chefs se réunissaient pour envisager quelle solution pourrait !ntervenir qui arrêterait la marche en avant du premier consul. • On se constitua en flagrant délit de conspiration•. » Parmi!les Lecourbe, les Delmas, les Drouot, les Monnier et tant d'autres officiers qui déclaraient leur libéralisme • à grand fracas de sabres el d'éperons sur le pavé », deux hommes se détachent dont il convient de dire quelques mots. Bernadotte el Moreau, ces deux .généraux, dont l'un, souvent pardonné, poursuivit Bonaparte d'une jalousie tenace qui finit dans la trahison et lui assura une couronne, et dont l'autre, trop populaire pour ne pas gêner le pi·emier consul, accapareur de gloire, fut brisé lamentablement el trahit aussi, étaient les deux centres vers lesquels rayonnaient toutes les espérances militaires de libération. Bernadotte accueillait largement tous les concours, et pàraissait toujours s'engager à fond, mais il était du • sang de Gascogne qui, pour trouver les passages, partir à point, arriver à temps, éviter les mauvaises rencontres, découvrir la bonne place, s'y asseoir et s'y tenir vaut tous les sangs du monde• • : c'est poul'quoi, quand tout élail, perdu Bernadotte était sauvé•. Moreau s'isolait. li était le grand Moreau. li restait au-dessus des conspirateurs, mais en pleine conspiration et n'envisageait nettement dans le renversement de l'ordre établi que l'occasion de donner lilire carrière à son génie militaire. li était républicain, mais les choses de la politique lui restaient étrangères. Bernadotte avait grande allure; :Moreau se repliait dans une·orguellleuse llmidil6. Les complots de 1802, à Paris, ont ceci de remarquable qu'ils ne se manifestent que par les peines infligées à un certain nombre de militaires.De 1. Mémoires du duc de Rovigo, I, ch. 28. 2. Sorel, o. c., VI, 218. a. Bernadotte fut aussi serYi par ce fait qu'il était allié aux Bonaparte. Il 6tait. en eff'et beaufNN de Jotepb. 111avaient 6pou1é let deux filles d'un nil.lgocia.ndt.e Marteill•, Julie •1. D•airie Ct.ry. Dwée Clary, femme de Bernadoue, anil élé 8ancée lt. Bouparle.
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