Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE {55 cris de joie et dP sang. Plusieurs d'entre vm, avez eu co1n1issan ~e de ce fait. .. • Et, comme il redoutait que la population ne se livrât à des excès contre ces terribles «anarchistes•• le préfet ajoutait que si le premier consul était frappé, on s'assurerait à l'instant môme • de ces monstres dont la joie atroce se plait constamment à devancer /"annonce des désastreux événeme,its qui leur sont promis » et ils seraient livrés aux tribunaux, En altenùant, le~ administrés du préfet de Màr,on éllienl invités « à lire, dans les regard, de ces artisans de tous les crime5, la sentence qu'a déjà prononr,ée contre eux leur propre conscience. Le sceau du crime est sur leur front: ils onl fait divorce avec la paix de l'âme ... ils sont voués pour toute leur vie à l'opprobre el au malhenr ... » Bonaparte pouvait frapper des malheureux, innor,ents et désarmés, on l'encourageait à le faire, on l'applaudissait! Un arrêt6 du Z7 nivôse an IX compléta la dispersion des éléments d'opposition républicaine: aux termes de cet arrêté, 52 citoyens, dont Le Cointre, Sergent, Bayle, Anlonelle, se virent frapper d'interdiction de séjour dans le déiiarlement de la Seine el dans les départements voisins. Dans cet acharnement à anéantir tous ceux qui pouvaient rappeler la Révolution, les femmes mêmes ne furent pas épargnées c~ l'on vit les veuves de Babeuf, de Marat el Chaumelle jetées en prison sans jugement et sans autre cause que le nom qu'elles portaient. En quelques jour;, Bonaparte avait écrasé les derniers hommes qni représentaient la démocratie révolulionnaire. Carnot lui-même avait quillé le ministère. L~ 7 pluviôse an IX, Saint-Régent était arrêté el, le L6germinal, Carbon el lui étaient exécutés /6 avril 1801). Il était dès lor5 impossible de faire croire plus longtemps que les républicains avaient été frappés pour avoir trempé dans le complot qui aboutit à l'explosion du 3 nivôse. La police avait tâché de répautlre le bruit que le rapprochement s'était fait entre chouans el • exa:;ér6s » pour renver5er Bonaparte, et cela à plusieurs reprises. Nous avons eu déjà occasion de noter cet• essai n. En voici une autre preuve où il y a des afllrmations - entièrement fausses, bien entendu - et qui montre, en dehors de Loule réalflé du fail e~posé, la nouvelle répandue dans le public plr les subalternes de Dubois. L~ police, quand elle n'ùrganise pas elle-même des complots, comme dans l'alîaire ArJna, en invente, comme dans l'alîJire Chevalier, ou les co1n1>lique,comme c'est ici le cas t • On a la certitude, dH'Un'rap'port , du 30 nhôse, que Georges, pendant le séjour qu'il fil à Paris après son amnistie, y vil plusieurs fois les chefs du parli anarchi,le; que, quelques jours a1anl son dépJrl, il diJia chez u,1 restauratew· avec Félix Le Peletier. Georges était accoml'a.5né, à ce diner, de Margade el autres officiers de chouans. On croit que Le Peletier avait aussi avec lui de, hommes de son 1, ,\r'Chi"~• nationale,. F1 37~.

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