Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOlllE SOCIALISTE peur qu'il haïssail. l!n homme pourtant, auprès de lui, s'elîorçaiLde calmer ses craintes et de le mettre eu ga;de contre le péril de droite, quïl estimait plus dangereux el 1iluscertain que le péril de gauche. Fouché, dont Pasquier a pu dire avec rabon qu'il a,ait • un arl incomparable pour faire de; duprs "• mais qui avait aus,i le génie de la police et, VO)ant ju:;te, élail précieu, quand il rnulail bien communiquer se, vues, gardait la juste notion des véritables risques encourus par le premier consul. JI élail bien placé pour être renseigné. • On ,oyait che1. lui, écrit son historie,; M. ~ladelin, 'l'allien, Barèrt', )lébée, jacobins irréùucti!Jles, qui lui ,errnienl au hesoin d'intermédiaires avec un parti qu'à tort le Premier Consul croyait très redoutable; et, par un contraste piquant, on y en rencontrait aussi des femmes de l'aristocratie mal ralliée comme M•-de Vaudémont et de Custine, de, chouans comme Bourmont et Suzanne!, des royali,tes comme Malouel et Cazalès. En dehors de ces représentants des partis eitr6mes, dont s'entouraiL celui qu'on avait chargé de les réprimer au besoin, 011 voyait avec étonnement tous les éléments d'opposition sourde se grouper derrière le ministre. ~I•• de Stat'I, dl-jà fort mal a1ec les Tuileries, recevait Fouché, en était reçue, débitrice de plus d'une grâce; par elle, le ministre tenait Benjamin Constant. Le d61oùmenl de Pouch6 à Bonaparte était limité au, avantages qu'un lei dévo0ment lui rapporterait En plmi0se an VIII Uanvier 1800 1 , le ministre de la police acquit la certitude que ses craintes du côté des royaliste~ étaient fondées. li découvrit, en effet, ù Paris même, une organisation savante présidée par le chevalier de Coigny, et qui réuni~sail pour l'action contre-révolution• naire llyùe de :'.'Îeu1illeel son beau-frère, l'ancien député Larue, un policier hien c~perl, Dupéron, un abbé intermédiaire avec l'Angleterre, nommé Ratel, un autre abbé propagandiste, nommé Godart, el enfin un ami de Bourmont, le cbe,·alier Joubert, chef d'une bande de douze indhillus chargés d'enlever Bonaparte. Cadoudal it Londres, le marquis de Rhière ù Vienne, surveillaient l'exécution du plan qui fut dévoilé par la saisie des papiers de • l'agence anglaise ,., comme l'appela Fouché. c·est à la veille du départ du premier consul pour l'Italie que Fouché dévoila l'atiaire 'floréal an \'Ill-avril :1800): Brest devait être remis aU\ princes: Bonaparte enlevé et assassiné sur la routode laMalmaison; Louis X\'Ill rentrer en France. Le chevalier de Coignr fut arrêté et Joubert fusillé. Bonaparte dut convenir que Foucht\ lui avait rendu serviceetatait vu juste.• Deux où trois découvertes comme le comité anglais, lui écrit-il, et vous aurez dans l'histoire du temps un rôle honorable et beau •· Il semblerait ùonc que le premier con.sui, après cela, dùt se mé• fter des royali,tes el ne plus garder aux républicains la haine qui l'animait. li n'en fut rien- C'est à peine s'il consentit à se souvenir que, depuis plulieun années, il y avait dans les prisons de malb~ureu~ êtres enterrés vifs pour a,olr eu la roi dans l'idéal prêché par Babeuf, et c'est contre lui-même IJU'llaccorda à Fouché la signature d'un décret qui leur rendait la vie. Pen-

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