Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

1H 111S'1'011\E SOCIALlS'l'K roi. .\ Angers, par e,emple, on afficha sur les mur,, en juillet 1801, un « placard incendiai rc" ain,i conçu : Travail du 11 jui/lrt an JX. • Compagnons, soldats de toutes armes, sauf les gendarmes qui ne scr- " vent c1uecomme bourreaux. Vive la Nation! Nos rnatlres se f..... de nous « cl nous trailenl contre Loule règle républicaine. lis ont des tons de supé- " riorité im,upporlable-, plus olfensanb que ceu, des cy-devants. Ne le souf- • frons pas davantage: cc que nous avons fait, nous pouvons le défaire el « rnrllre au pas les héritiers des vivants. Chacun doit hériter à son tour el • occuper les places. Au J 1 juillet, les soldats !loivenl être officiers, les orfi- « cicrs soldats, les généraux tambours : ils savent faire du bruit par leur Lon « de nouvelle fabrique. Mes amis, vous èles des c... si ,·ous ne suivez pas « cet avis• •· Il y a de nombreux témoignages de toute celle agitation, mais le parti républicain s'en tenait au, mols, aux phrases menaçantes. La police relevait les intentions ... « Hier, à cinq heures, lit-on dans le recueil publié par M. Aulard 1 , dans un cabaret de la rue du Plâtre-Jacque,, sept ouvriers el un particulier d'une classe ,upérieure chantaient la .1/ar~PiltaisP avec le ton d'effervescence qui régnait dans le temps de la Terreur et qui parall extraordinaire dans ces jours de tranquillité et de satisfaction générales. Ils appuyaient a,èc alfectalion sur la finale de chaque couplet : Qu'11nsang imp11r... Ils ne pou,aienl avoir que des intentions coupables, car l'entrée d'un étranger dans ce cabaret a suffi pour les raire cesser. » Donaparle ne craignait pas sérieusement les menées des royalistes contre sa personne, el il craignait tout au contraire des Jacobins. «Ayant lui-même servi autrefois dans ce parti, il se savait l'objet de celle haine spéciale qui s'attache aux défectionnaires, mais ses souvenirs du Lemps de la Terreur lui faisaient illusion sur ce que les Jacobins, décimés par tant de proscriptions ou gagnés par les faveurs du pouvoir, étaient alors en étal d'oser el d'entreprendre•. » Bonaparte a eu peur, véritablement peur des républicains. Le jour où il a acquis la certitude qu'il parviendrait au pouvoir absolu, il a regardé dans la nation pour savoir quelles sortes d'hommes pouvaient l'empècher d'y parvenir. Des royalistes il croyait n'avoir rien à craindre, el, du reste, li faisait tout pour se les concilier, ainsi que nous le verrons en nous occupant des radiallons !ailes ,ur les listes d'émigrés. Ces gen~ avaient l'habitude el le goOl du joug, il était donc en droit d'espérer qu'ils se soumellraienl. Au contraire, il gardait de la Révolution le souvenir d'lndomp• tables énergies exaspérées contre toute tyrannie el prêtes à tout pourrenverser les obstacles dre~sés sur le chemin de la liberté. C'est parce qu'il avait t. Archins nationales, F1 3702. 2. Pa,,;, ••u• le Con,ulat, p. 808 (14 nonmbre 1800). 3. FoucM, 1, 318.

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