Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HlS'l'OIRE SOCIALISTE Le 2;; juin, Jlawkcsbury demande la restitution de Nice el du Piémont 1 , Jïndépendance de l'Italie, l'évacuation de l'Egypte cl de Naples, le retour de la Toscane à l'Autriche, l'évacuation du Portugal. .. En résumé, l'Angleterre 'se croyait alors assez forte pour remanier seule le traité de Lunéville, ré!ré11erla puissance française et se poser à la fois wmme méd ialric~ s:.ir Je continent et dominatrice incontestée sur les mers. On n'ose pas dire que ce soit tout à fait ainsi qu'en réalité le gouvernement de Londres raisonnait el il est probable quïl montrait alors une as,urance plus feinte que réelle. En peu de mois, du reste, il dut changer son attitude. Bonaparte, violentant la maison d'Espagne el malmenant Godoy, f,l\•ori de la cour de Madrid, avait accéléré les opérations contre le Portugal, fait signer, après le traité de Badajoz es limé insuffisant, le LraiLé de Madrid (2ü septembre 1801). Les Portugais, menacés par Leclerc el Bernadotte, déclaraient fermer définitivement leur pays à l'Anglelerm. donnaient à la République une partie de la Guyane el vingt millions de contribution de guerre. Le l" octobre, ce sont les ElllsUnis d'Amérique qui, par le traité de Morfontaine, reconnais,enl Je droit de~ rwulres. Le 8 octobre, c'est le tsar lui-même, Alexandre I", qui traite à Paris ... Celle paix avec la Russie se préparait depuis quelque temps. Le tsar avait envoyé à Paris le très retors, très laid el très écrasant Markof. avec mission de morigéner un peu le premier consul quelque peu méprisé à la cour de Russie. Le prindpal pour Talleyrand el Bonaparte était d'avoir auprès d'eux un ambassadeur qui devait faire la paix. Quant au reste, remontrances, reproches; conseils, ils s'arrangeraient toujours pour en faire aussi peu de cas que possible. Lorsque la paix avec la Russie fut conclue les préliminaires de Londres étaient signés depuis quelques jours, et il se trouva qu'ils lïnfiuencèrenl autant que sa préparation les avait intluencés euxmêmes. La !'rance et la Russie déclaraient s'entendre pour le règlement amiable des questions intéressant l'Italie. Les Etats du roi de Naple., furent garantis et l'occupation française en fut limitée au temps nécessaire qu'il faudrait laisser s'écouler avant le règlement du sort de l'Egypte. La Russie s·engageail à s'interposer entre la République et le gouvernement ottoman pour rétablir ld paix. En conclusion, Je premier consul et l'empereur déclaraient vouloir s'occuper « en commun des moyens de consolider la paix gé11éralesur les bases susmentionnées, de rétablir un juste équilibre dans les dilîérentes parties du monde el d'assurer la liberté de., mers •· La paix se généralisait donc autour de l'Angletene et - surprise étonnante - la guerre était préparée en vue même de ses côtes ! C'est, en eliet, à la fin de ce paragraphe que nous avons intitulé : « La Dére11sede Bonaparte " el au moment même où nous touchons à la paix que se place une 1. Le PiëmonL uaiL ,ui aones.6 par arrtté du 2 anil 1~1 e&organisé comme t.ou\N le, autres parties du territoire franra.i1.

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