HISTOIRI<: SOCI,\ LIS'l'E il5 Consul ne se hâtèrent de l'apµrouver. Cohentzcl le pressait ù"cn finir, et il ne le pouvait pas, car de Paris on lui (•crivait : • La Russir rsl dans des <lispo• silions très hosliles contre l'Angleterre ... » et on lui marquait l'atlilude i, prendre: « Continuer le protocole; disculer I<', questions à fond, même la rédaction du traité définitif; mais ne rien signer avant di, jonr,, époque il laquelle nous serons d'accord avec Paul 1"1 •· ~,t, Ir 2'1janvier,quand l'entente avec la Russie fut chose certaine, Talleyrand envoya à Jo•eph. le projet définitif du traité : l'Autriche devait renoncer à la Tosc:ine, indemniser les princes !arques de la rive gauche du Rhin, et prendre tous engagements au nom de l'Empire sans attendre ratification de la diète. Le traité de Lunéville fut signé le O février 1801, à 5 heures du soir. La République acquérait la rive gauche du Rhin, la Belgique, le Luxembourg, le pays de Liège. L"empereur reconnaissait les républiques helvétique, cisalpine, ligurienne et batave. L'Autriche, retirée derrière !'Adige, conservait la Venélie, l'lslrie, la Dalmatie, l'lllyrie. L'archiduc, chassé de la 'l'o~cane, recevait l'évêché de Salzbourg. La Toscane devenait royaume d1hrurie pour le fils du duc de Parme. Le pape ne recouvrait ni la Romagne, ni les Légations•. Celte paix continentale est donc avant lout la consécration de l'abaissement des Habsbourg, l'anéanlissemenl de leur ambition 3 • Mais ce ne peut pas être une paix définilile. Elle laisse, en elîel, les forces françaises comme tendues violemment da11s toutes les directions pour mJi11tenir les avantages acquis. La France déborde dans deg pays dont il va falloir qu'elle s'occupe et en est souveraine. Elle ne pourra y demeurer que si son effort persiste, que si sa pui>sance y est toujours égale.• La suprématie, qui est une conséquence du traité, en esi la condition essentielle de durée'». La« gloire» est éclatante, c'est vrai, et c'est d'elle justement que vont découler tous les ~érils, tous les malheurs, car c'est par elle que Bonaparte va achever dè conquérir et d'empoisonner la nalion pour poursuivre ses rêves elîrénés de domination et de conquête. Lunéville, c'esl la paix, mais c'est aussi la veille de \'Empire, la veille des guerres sans fin, la veille du désastre. 1. Bonaparte à Joseph, 21 j1nl'ier HM)I. 2. Cf. Campo-Formio1 supra Gabriel Deville, p. 398. 3. Oo sait que la deTise de la maison d'Autriche, marquée par les TOyelle1, est la suinnte: • Au,triœ Est lmperara Orbi Unir:~1·10. - 1l appartient à l'Autriche Je commander au monde entier. • 4. Sorel, o. c., p. 98.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==