Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

104 HISTOJnE SOCI.\LTSTP. § 1. - Les préparatirs militaires. Les forces autrichiennes el impériales étaient réparties en deux armées La première, forte de i20 000 hommes, élait placée sous le commandement de Kray, qui remplaçait,à sa têlc,rdrchiduc Cha rie•. Divisée en quatre corps, sa missi on élail d'empêcher le!' Français d'envahir la Souahe enlrc Strasbourg et Scha!fousc. La seconde, sous les ordres de ~lélas, complait 140000 hommes. Elle dcva il bah,yer ce qui resta il de notre armée d'Italie, passer le Var et envahir la Provence. La Prance avait sur pied HO 000 hommes à l'armée du Rhin, 25 000 hommes à l'armée d'llalie. Le plan autrichien émanait du Comeil aulique. Le plan français est l'œuvre de Bonaparte. Dans ses Mémoires, il dit que son intention était de former une armée de réserve • èe se rendre au mois de mai rn Allemagne avec les deux armées réunies (armée du Rhin el armée ùe ré,erve), et tic i,orler, d'un trail, la guerre sur !'Inn. On ne trame dans ses actes et ses écrits de 1800 aucune trace de cc dessein. Au contraire, il ne voulut pas le suivre alors que Moreau, placé à la tête de l'armé~ du Rhin, le lui proposait 1 • La raison en est peut-être dans la rivalité qui e\islait enlre ces deu, chefs dont aucun ne voulail accepter d'élre soumis à l'autre. Quoi qu'il en soit, voici ce que Bonaparte arrêta : ~loreau avec ses HOOOO hommes, répartis en quatre corps, dont un commandé rar Lecourbe, et forl de 30 000 hommes s'appelait corps de réserve, devail passer le Hhin entre Schalîouse el Constance, et • pousser l'ennemi en Ba lière, de manière à lui intercepter la communication directe avec Milan par le lac de Constance et les Grisons'•" i\lassé11a,avec ses 25000 hommes, devait résister à tout prix à Mêlas:« N'ayez point de ligne, lui écrit le premier consul. mais lencz toutes vos troupes réunies el groupées autour de Gênes 3 •· Tandis qu'aux deux e,lrémités Moreau el Masséna devaient ainsi tenir en échec I{ray et i\lélas, Bonaparte entre• rail en Lombardie, et, prenanl Métas par derrière, l'écra•erail. C'est pour atteindre ce but qu"il décida la formation de ce qu'on appelle l'armée de réserve'· Celle troisième armée française, qui allait devenir la principale, fut composée avec des troupes prises un peu partout sur le territoire français: à 'l'oulon, à Marseille, à Avignon, à Paris, à Rennes et l'on a11nonça avec beaucoup de bruit sa concentraiion à Dijon. En réalité, Je rassemblement des troupes s·opérail en secrcl sur Genève, et c·est là !"application d'une tactique napoléonienne que l'on retroll\e de 1800 il 1815, toujours employée: dans 1. Lettres de )foreau à Bonaparte, 8 uril i à Bert.hier, 24. uril. 2. Plan de campagnepour l'armée du Rhin, 22 mara1SCX>. 3. 12 mars 1800. 4. Tous les document.aconcernant cette armée et ~es opérat.ion1aont réua.it dana l'oonage de Cugnac, Campagne de l'armle de rberve en 1800. 2 TOI.. 1901.

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