536 11ISTOI ru, SOCIALISTE arnuéc à l(•ur égard qui a rendu le Lerrain favor,1blc à l'éclosion d'un coup d'Elal. El Sieyè, le savait bien. AussilOl après avoir uliliso les Jacobins, il prépara ce que M. Sorel (/,'Europe et la Hévolution française, 5' partie, p. 4!/0) a appelé • un mouvemenl tournant 1>; la malaclres.e des Jacobins, Je le rt'pNe, lui fournil le prétexte qu'il aurait au besoin inventé, non l'idée. V,ulant aiguiller à droite, Sieyès, sur la proposition de Fouché, nou,ellemenL nommé ministre de la police, essaya de donner le change sur ses intentions en participant d'abord à une opération cle surenchère à gauche, lacli11uc que nous ,oyons encore appliquer de nos jour,. Le 7 thermidor ;:15 Jnillcl), un arrêté du Directoire décidait qu·à l'égard de 31 conrlamnés à la Mporlation 'en YCrlu de la loi du 19 lruclidor an V-5 sept,•mhrc 1707 (chapilre ,vu, § i") cl, parmi eux, Carnot, Vaublanc, Ca<lroy, Henri L1rivièr~, Cami.Je Jo dan, J. Ch. G. Dclahaye, M. Dumas, lmberl-Colomès, Qualremère de Quincy, il sera;l procé•lé mivanl la loi du 10 brumaire an Vll-9 novembre 1798 (chap. xx), aJ>plicablo aux individus s'élanl souslrails à la déportalion cl les assimilant aux émi,;rés (.lfoniteur du 17 lh<•r ,iiclor-4 ao0I). Ayant ainsi affirmé son républicanisme, Sieyès, qui élail président du Directoir~. en profila pour prononcer, le jour ann,vrrsaire du 10 ao0L, le 23 thermidor, un véritable r~quisiloire contro le; J 1cobi,1s cl se déclarer prOl à les Crnp1>er inflt,~lblemenl. • Entendre Sieyè; parler avec celle hardiesse, lui qui avait montré une soumission silencieuse pendant Loule la Terreur, c'til dl un signe certain de l'im1lUisrnnce du parti d6magogique el du p~u d'appui qu'il lrou- ,·ai l clansl'opinion publique " (de Bar ante, fJ,stoire d11 Directoire, l. Ill, p. 460). Celle appréciation de M. de Baranle, peu suspecl de sympathie jacobine, con0rme ma façon de voir et contredit celle qui Joue, en la circonstance, du p 1ril jacobin. De môme que, précédemment, le recours à la Terreur (voir clébuL du chap. l"), le recours au coup d'Etat militaire élail, du reste, à celte époque, une idée acce,,lée dans les di ver; partis. 0-après l'extrait des Mémoires de Jourdan (p. 163) cité plus haut, Jourdan cl ses amis auraient songé, eu, au-~i, à ce procédé pour avoir raison des résistance; auxquellc~ ils se heurtaient el des mnnœuvres réactionnaires de Sieyès. Ce serait la condilion posée par Bernadotte, sur lequel ils comptaient en lanl que ministre - sa démission préalable - el aussi le sentiment • qu'une révolution opérée par ce moyen ne pourrait se soutenir que par la violence et nous conduirait au despotisme militaire•, qui auraienl empêché leur tentative de recours Il la force armée; à celle-ci, Ils sulisliluèrenl alors l'idée d'une sorte de coup d'Elal par la voie parlementaire : ils rêvèrent d'obtenir, à l'aide de la déclaration de lt patrie en danger, la suspension des pouvoirs orgaol.és par la Conslilulion de l'an III, auxquels aurait succédé la dldature d'un nouveau comité de salut public. Lo 2;1 thermidor (t2 aotlt), la société de la rue du Bac dècidaiL de demander au Corp, législatif la proclamalion de-la patrie eu
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