Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

• HISTOIRE SOCIALISTE . 553 tenus, il foul ,,ue le gouvernement en soil instruit par un message; mais je crois qu'il est toujours extrêmement imprudent de venir 1,pporter de pareilles dénonciations ctnlre une réunion d'indivirlu., quand on n'a pas de preuves écrites; je n'aime pas qu'on les confonde sous la dé, ominalion de buveurs de sang•· RI, ùans sa brochure Mon examen de conscience sur le f 8 b1'1lmaire, Savary a écrit (p. i9) : " Cette séance fil nallre des soupçons sur l'existence d'un parti loul prêt à abjurer l,1 Conslilulion, en criant que d'au· Ires voulaient la détruire ». Une commission ful cependant chargée de vérifier les allégations de Courlois. Les Jacobins riposlèrenl qu'on cherchait une diversion pour sauver les anciens directeurs el, pour le présent immédiat, ils avaient raison; mais on cherchait aussi, el surtout, autre chose pour un avenir prochain, cl Savary a vu juste. Comme la résolution reblive à leur local ne devail être nolillée que le lendemain, les Jacobins siégèrent encore le soir au Manège, el un incident de celle ,éance prouva lïnlérêt qu'avuienl les modérés à ce qu'il y eùl des exagérations de lan,;a gc el d'action : un certain Larn!elte Byant trop forcé la note el appelé les Jacobins à prendre les armes, sa violence parut suspecte aux plus farouches; on l'empoigna, on le fouilla et on trouva rnr lui la preuve qu'il avait été agrnl au service du ministre de 13police Cochon; « on assure, lil-on dans le Monitew· du 12 (30 juillet), que l'indil'idu nommé Lavalclle qui a été arrêté, le 8, au Manège, a joué un rôle à l'aftaire de Grenelle• (chap. x111). A partir du 9 thermidor (27 juillet), la société se réunit rue du Bac, duns l'égli,e d·un ancien couvent des jacobins qui s'(tendait jusqu'à celle rue - aujourd'hui l'église Saiut-Thomas d·Aquin - édifice i;ational mis à sa disposition par l'admini;tration municipale de ce qui était alors le X· arroodissemeut. Mais la can pagne menée par les rr.odérés n'ullait pas tarder à I orter ses fruits; les assistants devenaient moins nombreux, un membre s'en plaignit dans la séance du i5 (2 aotll). Un déput6 des Cinq-Cents, Garrau, essaya, à la tribuoe du Conseil, le il thermidor (29 juillet), de réagir contre les allaques dont les Jacobins étaient devenus l'objcl. " Ceux-là mêmes, dil-il, c1ui, dans leurs discours hypocritement humai, s, cherchent à épuu\'anler les esprits faibles ... n'y croient pas ... ; mais ils ont d'autres vues, un autre but. lis parlent de 93, pour qu·on ne pense pas à 9h lis I arlent des e,c~s de l'a,,arcbie, pour qu'on oublie les fureurs d.e la réaction. lis parlent d'une conspiralion imaginaire, pour qu'on perde de vue celle qui existe rëellemenl. Ils veulent surtout, en égarant l'opinion, en dil·isanl les répul,licains, arracher à la vindklc nationale celle corporation de vampires qui, depuis cinq ans, profile des malheurs publics ». Cela n'empêcha pas, le 13 thermidor (31 juillet), Cornet, dans un rapport fait aux Anciens au nom de la commission établie le 8 (26 juillet;, d'accuser les Jacobins de connivence avec les royalistes . qui, nous le savons, s'agitaient alors beaucoup, el de conclure à l'envoi au Direc-toirc d'un message réclamant des renseignements sur l'inexécution <.les

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