Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 5;;1 est faux de dire, avec Michelet, que • la terreur de Babeur fil Bonaparte autant que ses victoires, c·est-à-dire que le socialisme nai,sant, par sa panique, a fait le triomphe du militarisme • (llistoire du XIX• siècle, t. 1, p. x). D'abord, il raut vraiment être aveuglé par une i<lle préco,.çue ~our mettre en -a,·an.l « la terreur de Ilabeur », alors que, après Babeuf, après le rappel fu- .rieux de son nom el de ses idées 1iar le, modérés contre leurs ad,ersaires dénoncés, en l'an Vl, comme lcsennemis de la propriété (On du chap. x, 11). le pays électoral, dont étaient exclus les non possédants, m ait, en l'au \'l el surtou l en l'an \'li, donné la n.ajorité à de nomlm m répuulicains ai11si dénoncé, el, comme manit'eslalion de la terre11r qu'ilô impiraic1,l, cela l,1isse plntol à déiira. Ensuite, la réaction modilrée avait commencé avant la pr,·miôreexpression du ,ocialisme clc Babeuf, el on ne trouve pa., un seul fail i11putablc à . cc dernier dans lts diverse; causes de crois-ance du mililar i,me, qui onl été, à l'e,térieur, la guer,e de conquô:es el de r ..pines, la gue,re d'affaire~, substituée à \a guerre dlfensive; à l'intérieur, la prép<indérance donnée,, \'élément militaire par le , ôlc ~écisif qu'il cul à jouer, au point de \'UC politi 1ue, le 13 vendémiaire el, pr,ncipalcment, le JS frucLido1·. Or si, da, s ces deu, circon,tancrs, le pouvoir cil'il dts ré1,ublicai,,s II oùérés tlut demander son salut à la force armée, ce fut pour avoir raison du parti royaliolr, auquel ils avaient, en s'ap1 uyant sur les ,oi-disant ralliés de l'époque el en les favo, isant par haine ùe tout ce qui amoindrissait lanl ,oil peu les avantages per• sonnels de leur-cote, ie, criminellement pe,·mis de se Co, li fier aux dépens de la Uépub\iyue. « F1uctido1·, a dit )J. ~lé!ine, le 21 avril 1000 1Le Temps du 23), sera toujour, la préface de füumaire »; c'est faux sous cette lcrme ab,olue et baroque. • Fructidor, a dit plus correcLemc•nl dans la fo, me et dans le fond M. Paul Dt$Chanel, rendant,. le 22 d(crn1bre 1001 (Le Tem1,s du 23), hommage à Alphonse Baudin, 1-'ruclidor avait pré1nué Brumaire »; mai~, venant de dire • que tous les coups de la force ... sont des elTet;;, non des causes•• il n'aurait pas dû rn borner à e,pliquer le coup de force de Brumaire par le coup de force de Fructidor, il ,,tll'ail dû - el c·cst là le point important- rechercher CJ qui avait p,éparé celui-ci; il aurait vu que ce qui avait imposé le iS fructidor à des modérés eux-mêmes, tels que fü njumin Constant (cbap. XIU, § i"), ç'avail été un gouvcr11ement à la ~léline s'11coqui- . nanl à seNir les partis de uro ile el, plus ou moins sciemment, leur livrant la . né11u1Jliquequ'il avait l'allu eusuile, par le seul moyen à la porl-'e des modérés, soustraire aux scélér,1les entreprises de ceux dont ces modérés avaient fait la puissance : si les généraux ét.iienl passés au premier plan, c'est que les n,otlérés, par leur politique intérieure et ext(ricure, aYaienl contribué à les y meltrc à un moment où les Lommes roliliqucs capables el i110ucnls · avaient disparu. D'autre part, cette attitude maladroite de Bach , l c'cs Jacobins a cerlai- . ncmenl pu faciliter l'adhésion de certaines eatégories· sociales importantes

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==