HIS'l'OII\E SOCIALISTE qui nous oücupe; ce sonl des royalistes qui vgnt en fournir la prcme. Dans l'ouvrage cité plus haut de~!. Ch.-L. Chassin (l. Il, p. 478) ;e trot\ve, à la date du 20 lbermi,lor an lV (16 août 1700), une supplique d'un émigré de marque, Je con,te de Bourmont, demandant à rentrer,. prtitérant « la mort sur la terre de France» il la vie à l'étranger et, en faveur de sa demande, iD1oquant la« patrie "· Que cc fût un senlimcnl alîccté par hypocrisie intére,sée, cela ne parait pas douteux; mais J"alîeclation même de ce sentiment en impliquait la connaissance. Un aulr~ royalistP insurgé, nommé DnviquPt, condamné à mort le 1" messidor an YI (19 juin 1ï08), faisant de, a,•ecix ava11l son esécution qui eul lieu lo jour môme, disait : • Je sui~ décidé à être utile à ma patrie• (Idem, l. Ill, p. 170): pour celui-là encore, il y amit donc au Ire chose que Je roi. Enfin, le g~néral commandant la place de Bc,ançon ayaul consenti, d'après une communication faite à Louis X\"Jll Ir 10 mai lîfY.J (lsrnesl Daudet, les Emig,·és el la seconde cualition, p. 350), à lil"rer celle place à l'armée ennemie pnur le compte du roi, ajoutait que, du reste,« qua11dil serait au,si patriote qu'il est rlévoué an roi, il ne JlOurrait tenir qur vinglqualrc heure,». En voilà encore un qui distinguait lrès nellrrnenl l"amour ùe la patrie de l'amour du roi el ne péchait pas par ignorance ou fausse conception. Ces gens•liL ont été de, traîlri s. Sans don te, on ne doil pas rrpro• cher aux fils les crimes des pères; mais ce qui condamne leurs descrn<hnts, le, charlatanesques exploiteurs actuellPmcnl d'un patriotisme donl ils n·onl pas reçu la tradition, c'est qu'au lieu de garder le silenc·c, ils s'é,wtuent à justifier, que dis-je, à glorifier ceux qui onl fail sciemment tous leur, efforts pour livrer leur pays aux armée,; étrangères el en l'honneur desquels de cyniques monuments ont pu Nre dressés sur le sol ,le la France! Tandis que les armées r~publicaines élai,•nl vaincues, les royalistes exultaient, multipliaient les intrigues et les infamies; Lous les appèlils grouillaient, pr6ls à se jet,,r sur la France dès qu'elle sera il envahie. Louis XYIII négociait à cel effet avec les ,coalisés, avec Dumouriez, par l'inter111édiaire duquel il semble qu'un rapprochement se soil opéré à celle époque entre lui el les d'Orléans (voir lellre du 17 aoùl 1700, p. '.!77, t. li, Dubois-Crancé, par Iung), avec Pichegru, qui devait pénélre1· dans l'Est, avec Willot, qui se chargeail du :rtidi; faul-il ajoLrler avec B·1rras? Je ne le pense pas, malg,·é l'ignominie du personuage, malgré les« lellres patentes» (.11Jmoires dP Barras, l. Ill, p. 501) donl on a si ,ou\'ent parlé, pièce sans date qu'avait écrite Louis XVlll lui-même à la fin de 1798, qui fut ensuite datée du 10 mai 1700, et par lac1uelle il promettait à Barras, si celui-ci contribuait à le mettre sur le trône, dix millio11s en espèces el l'oubli <lu passé. li sen1blc n'y nYoir eu là qu'un projet en l'air, conçu sans l'inlervenlion de Barras. par ôe, agents royalistes désireux de se faire valoir ot acceplé sans sérieuse; inlormalions ;iar l'entourage crédule de Loui~ XVIII. En toul cas, lorsque Fauche-Borel, signant « Frédéric Boully •, écrivit de \Vesel directement à Barras en sep-
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