406 JIISTOIIIG SOCIALISTE lers en v11e d'une nouvelle coalition, l'unique bnl de ces négodalions - élanl donné c1u'elle ;avail désormai, ne pouvoir tirer du Directoire ragranrlissemenl en llalie qn'elle lenait avant tout à acquérir-élail, par la dissimulation de ses 1·éritables projets, de gagner du lemps pour obtenir, dans la coalilion qu'elle préparait, les meilleures conditions possibles; et, pendant que ces négociations trainaient, le cabinet de Vienne s'entendait aYec le tsar contre la France. Paul I", Joni les envahissements du Directoire à Rome, en Suisse el enfin il ~!aile avaient encore renforcé les mauvaises dispositions (chap. xv1, § 2), se décidait, le 24 juillet, à fournir aux Autrichiens une armée auxiliaire; il ordonnait bientôt de grands préparatif,, el ce fut peu après que la fiolle de l'amiral Ouchakov s'apprêta à aller agir de concert avec la fiolle turque. Dès l'instant qu'il rnulail la guerre, le tsar la voulait tout de suite; l'Aulriche, ne pensant qu\\ ses intérêts propres el à arracher des rnbsiJes à l'Angleterre, montrait moins d'impatience el ne se jugeait pas encore suffisamment soutenue. Un corps russe Hait cependant en marche et p4\nétrail clans la Galicie en octobre, tandis que la noue rus,o-turque opérait contre les lies· Ioniennes. D'antre part, les Grisons-refusant leur réunion à la Hépuhlique helvétique el ayant api clé l'Autriche à leur secour,, une demibrigade aulrichienne élail enLrée, dans la nuit du 18 au 19 octob1e, sur leur territoire; un peu plus Lôl, le 9 oclobre, le général autrichien, :llack, avait pris le commandement de l'a,·mée napolitaine. Le Directoire n'avait pas allendu que tous ces événements fussent accomplis pour comprendre que la France étail menacée de nouveaux périls. A la fin de l'an VI, il était évident que la guerre pouvait recommencer d'un moment à l'autre. En fructidor (seplembre ii98) élail constitué, auprès du Directoire, un • Bureau militaire» chargé de préparer les plans de campagne, et pour les délails duquel je renvoie aux Études sur la campagne de 1799, en cours de publicalion dans la Revue d'histoire rédigée à l'état-major de l'armée ( décembre 1903, p. 484). Ce « Bureau » devait être supprimé , moins d'un an après· (Moniteur du 2 messidor an Vll-20 juin 1799). Précédemment, une loi du 3 fructidor an VI (20 août 1798) avait décidé, pour l'an Vil, le maintien de l'armée sur le pied de guerre. Mais nous n'avions pluf, pour défendre nos froutières, <Jue des squelettes d'armées. Sur le rappo~t de Jourdan, le Conseil des Cinq-Cents organisa 1~ « conscription • que comdcra une loi du 19 fructidor an Vl-5 septembre 1798 (chap. x1, § 2). Une loi du 3 vendémiaire an VII (24 septembre 1798) mit aussitôt en activité de service 200000 conscrits, el une autre - l'argent manquant encore plus· que les hommes - du 26 vendémiaire (17 octobre) décida que les fonds nécessaires pour leur équipe,11enl et le service de la marine seraient obtenus par la vente aux enchères de 125 millions de biens nationaux. Celle levée d'hommes fut cause de troubl,•s dans certains endroits et, par suite • de nombreuse, el révoltantes exemptions • des jurys municipaas, disait le
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