Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

486 IIISTO!RE SOCIALlSTE Toussaint qui, fatigué de ,aprése11ce, allait, ap,ès la ruse, employer la force, lorsque Sonlhonax s'en alla secrèlemenl le 7 fruclidor an V (24. aoùl 1797). A' celle date, les Anglais ne tenaienl plus dans !'lie que Porl-au-Pri11ce, le 110le Sainl-l\ic61as el deux ou trois aulres points sans grande importance; la colonie élail enlre les mains de deux véritables proconsuls, le nègre 'l'oussainl dans le nord et rouest, le mulâtre Rigaud dans le sud. Le Directoire approuva en apparence la conduile de Toussaint; mais, se méfianl de ses inlenlions, il envoya le général Hédouville qui, parli de llres'. le 30 pluviôs~ an VI (18 féwier 1798), arriva dans l'île le 18 g_crminal (7 avril). 'l'oussainta!Tecla de traiter sans lui a,·ec les Anglais qui signèrenl, le 15 mai, la capilulalion de Porl-auPrince el, le 31 août, une con,enlion secrète en vertu de laquelle les quelques points encore occupés par eux el, en dernier lieu, le Môle Saint-Nicolas (1" octol?re), furenl évacués : il ne reslail plus de solrlals anglais à SainlDpmingue. Les dissenlimenls allèrent croissant enlre Touss1inl el Hédouville; dans la nuil du 30 vendémaire an V!I (21 oclobre 1708), le cher nègre, à la tête d'une douzaine de mille hommes, cernait inopiné,nenl la ville du Cap el s·emparait des forts. N'ayanl pas assez de lroupes à sa disposilion, impuissanl, llédou,·ille se rendil avec sa suilc à bord des frégates et fil mile pour la !<rance (1" brumairc-22 octobre): il entra en ra'le de Lorient le 27 :rimaire ( 17 décembre 1708). Toussainl écoutait trop les prèlres: quelques jours ava11l celle algarade, le 19 vendémiaire (JO octobre), une de ses proclamations portait que• les chers de corps sont chargés de .faire dire aux troupes la prière, le malin ou le soir, selon que le service le permettra» (.llonzteur du 7 nivôse an Yll-27 décembre 1798). Le commissaire français Houme élail reslé dans la colonie, où il subissail l'influence -de Toussaint, qu'il appelail clans un discours, Je 16 plt11iôse an Yll {4 février 1100;, le• verlueux général en chef 'J'oussainl Lotlverlure » (,lloniteu,• du 2;; prairial-13 juin), el qui deYenail de plus en plus le mailre, lout en écrivanl, le 25 Ooréal (14 mai iiOO). à son aide de camp à Paris, le citoyen Case (Moniteur du 25 lhcrmidor12 aoùl), que c·ctail le calomnier que de lui supposer • le prnjel insensé ùïudépendance » el qu' • un jour on reconnallra que la République n'a pas de plus zélé défenseur que lui ». Le jour même de son dépait, llédouville avail écrit à Rigaud pour le dégager de Loule obéissance à l'égard de 1'oussaint; il eul par là une grande part de responsabilité dans la guerre qui ne la'rda pas à éclaler entre les deu.~ chers, après la publicalion de celle lettre par Rigaud le i5 juin t799. o·alroces hoslilités durèrenl jusqu'au départ pour Parïs, le 29 juillet 1800; de Rigaud vaincu. § S. - Sur le continent. Premiers coofiit1. Sur terre les choses n'allaient pas mieux que sur mer. Ce rut la cour de Naples qui recommença les hoslililés; elle s'élail préparée en conséquence bien a\'ant le désastre d'Aboukir : Je 10 mai iî08, elle a,•ait eo~c!u avee_l'Au-

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