HISTOIRE SOCIALISTE grand regret, l'Égyple. L'intérêt de la palrie, sa gloire, l'obéi-sance, les événements extraordinaires qui viennent de s·y passer, me décident seuls». (Correspowlance de Napoléon l", l. \', p. 7:l8). Que signifierait ce mol • obéissance», si Bonaparte n'avait rien reçu en dehors des journaux de Sidney Smith? Ce mot à lui seul me paraît prouver que Born1Jiartc eut connaissance, directement ou indireclemcnl, par le San.\'icolo ou par une autre voie, de la décision du Directoire de le rappeler en France, décision formulée par celuici dans une lcllre du i prairial an VJI (2Gmai J70!l aclressée à Bruh, et dont nous Sal'ons aujour,l'hui que les frères de llonapartc curent vent à la !in de mai (lloulay de la )leurlhe, p. 128). Ce ciui confirme l'opinion que Bonapart~ fut, avant son départ, particulièrement renseigné sur les affaires de France, c'est le mot dit par lui, en 1803, à Mm" clc l\ému•al et rapporté par celle-ci dans ses ,llénu,i>'e.< (l. f, p. 2î4):" Je reçus des lettres de France; je vis qu'il n'y a\'ail pa~ un instant à perdre"· El dans quel étal laissait-il l'Égypte, c'est ce que l'a nous apprendre le rapport de Kleber adressé le 4 ve_ndémiairr an VIII (26 septembre lîW, au Directoire, mais malheureusement saisi par les Anglais qui le gardèrent pendant quatre mois, afin de ne pas nuire à Bona~ parte, parce qu'ils pensaienl·quïl allait rétablir les Bourbons. Déçus dans cN espoir, ils livrèrent le rapport; c'était alors trop tard pour qu'il eût un effet utile. L'armée, écrivait füeber, «est réduite de moilié ... LeMnt\menld'armes, de poudre de guerre, de fer coulé et de plomb présente uu tableau aussi alarmant. .. Les troupes sont nues ... Born,parle, à son départ, n'a pas laissé un wu en caisse, ni aucun objet équivalent. li a laissé, au contraire, un arriéré de près de douze millions» (.lfémuù-es de Bourrienne, édilion D.'Lacroix, t. li, p. 210;. § 2. - Sur mer. Nous avons dit (chap. xv, § l") que les Anglais réprimèrent avec cruauté les velléités d'indépendance de l'Irlande. Aussi une nouvelle insurrection fut. complotée et ou comptait sur le Directoire pour la soutenir; mais ce fut après que Bonaparte eût fait renoncer à la descente projetée en Angleterre, au moment où la désorganisation de l'armée et de la flotte par l'expéllilion d'É,ypte et le manque de fonds rendaient plus difficiles les préparatifs de la France, que la révolte provoquée, peul-on dire, pat· des rigueurs systématiques, éclata en Irlande (23 mai) sans cohésion suffisante; elle y était facilement étoulîée et les dernières bandes insurgées étaient anéa11lies le 14 juillet 1708. Pour répondre à l'appel, daté ùu 16 juin (Desbrièrc, Projets et tentatives de débarquement aux lles britanniques, t. li, p. 40), des Irlandais insurgés, le Directoire se décida à organiser de petites expéditions à Ures!, Rochefort, Dunkerque et au Texel. La première expédition préte, celle de Rochefort, ne partit que le i9 thermidor (6 aoùt) avec i 019 soldais mon~s sur trois frégates el commandés par le général Humbert. Celle poignée d'hommes débar-
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