Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOlllE SOC.:IALIS'l'~l avaient des intérêts considérables dans cette compagnie • Bodin (Ernouf, Nouvelles études sur la Révolution française, année 1.799,p. 14, note), surtout préoccupée, 4ous l'avons vu plus 11aut, de fabriquer des pièces .;omplables. Le général ~'oissac-Latour, qui commandait le camp de Grenelle lors du massacre des )Jatriotes (chap. xm) en fructidor an IV (septembre :1100:, commandant de la place de Mantoue où il devait capituler (chap. x1x), en lhermidor an YI! Quillet iîOO), lorsqu'il aurait pu encore tenir, « s'était permis d'alîermer à son pro0t la pêche du lac• (Idem, p. U). Dans les litémoires de La nevellière, nous voyons dénoncer, dans l'Etat romain, « le despotisme, le brigandage et l'elîronterie des états-majors el des fournisseurs • (t. Il, p. 324); ailleurs ces derniers • ont donné de force, pour être payés, 25 °/. au général Bélair, 4 à son état-major, 11 au préposé du payeur général de l'armée de i'iaples à Ancône• (Idem, t. lll, p. 355); et une lettre de Daunou signale (t. Ill, p. 305) • les otnciers supérieurs • dont on a dO.arrêter • les e~torsions •· Une citation faite par Ernouf (ouvrage cité plus haut, p. 15) confirme qae « les malédictions publiques poursuivaient sur leurs chars brillants et jusque dans leurs palais tous les chers principaux, militaires ou civils, et, pour parler le langage populaire, tous les hommes à brode,·ie, 0éaux tout à la fois de l'Italie el de l'armée française •· Nous lisons dans les rapports publié3 par M. Rocquain (Etal de /a F1·a11ceau 18 bnnnafre) que • les subalLernes bien instruits que leurs supérieurs puisent dans le Trésor public, leur Cool la loi pour avoir part au butin • (p. 81, rapport de Barbé-Marbois), et que, dRns les administrations civiles comme dans les administrations militaires visées par la citation pré- •cédente, • les comptables les moins en règle ont le plus grand nombre d'amis, sont gens de bonne compagnie et ont une bonne maison • (p. 88); • il y a des perce pleurs de Paris .•• qui sont en exercice depuis i 786 • (p. 230, rapport du général Lacu6e), ils ont accumulé les irrégularités et les désordres (p. 231) et ceux d'origine plus récente les ont Imités. On fera difficilemenl passer pour èes révolutionnaires les gens que le royaliste Barbé-Marbois jugeait • de bonne compagnie •, ou qui étaient en fonction • depuis. 1786 •· Que tour.hait !'Etal dans ces conditions? D'après « le compte rendu de Ramel pour l'an VI • (Stourm, Les finances de l'ancien régime el de la Révolution, l. II, p. 433), on s'était trouYé, pour le recouvrement des impôts directs, en face d'un retard de 108 millions sur les années antérieures à l'an V, de 206 millions sur l'an V et de 324 millions sur l'an VI, total 789 millions de retard. Sur ces arriérés, on a,ait pu recouvrer, en l'an VI, 515 millions dont 276 furent I ayé,; en i,apiers sctns valeur. Le, crédits ouverts aux dill'érents ministères pendant l'an VI montèrent à 612 0::.6106 lhrcs, sur lesquelle;; 401442300 seulement purent ètre payée~, soit 211 millions au bas mot en moir.s; mais Ramel ajoutait qu'il ne pourrait assurer que, cette

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