Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HJSTOIRE SOCIALISTE fiées à de francs l'épuùlieains. Void, en outre, un fait qui, à Lous les points de vue, témoigne contre la 'l'résorerie, coupable ou d"une ni•gligence ine,- cusable ou de complicité. Le 10 fructidor an V (27 aoùl 1707), le général Joul'dan disait aux Cinq-Cents : « Pendant deu, ans, j'ai commandé 150000 hommes; eh bien I je n'ai jamais reçu plus de 10 000 rations par jour. J"éluis forcé de procurer le reste à l'armée sur le pays où elle vivait, ~l cependant la 'l'rérnrerie a constamment payé les 150000 ralions. Entre les mains de qui passaient-elles? entre les mains des sangsues publique~, des ,·ampires qui dévorent la substance du peuple el dont les fortunes excessives el le luxe scandaleux alleslent lïnfamie ». Près d'un an après, le iü thermidor an YI (6 aoôt 1798), un autre député, Chabert, s'écriait: • Le quartier général des fripons est clans les bureaux de la Trésorerie"· D'autre part, d'après; J.-.\1. Sal"ary, les auteurs du coup d'Etat du 18 brumaire devaient titre « puissamment secondés par les manœu1•res de la Trésorerie » (.lion exa,,I( ,i de ccmscience sur le 18 brumafre, p. 42). Les commissaires de la Trésorerie sont des réac li onnaires; que ,ont les éminents capitalistes que nous venon de voir à l'œmre '/ Un JJetil volume de l'an VI, l'flistoire curieuse et véritable des enrichis de la Rivolutfon, nous répond que tous ces individus « maudissent le _gouvernement aux dépens duquel ils se sont gorgés de richesses •; il nous dépeint celui-ci • assez payé pour titre patriote • (p. 22) el qui est royaliste, celui-là entretenant « des intelligences avec les conspirateurs royaux" (p. 23), un troisième ayant• volé plus d'un million à favoriser les traitres el les ennemis ùc la République • (p. 24). On conçoit combien Lous ces spéculateurs de haut vol qui, d"après un autre témoignage, celui de Joubert (de !'Hérault), à la séance des Cinq-Cents du 19 thermidor an VI (6 aoôt 1798), affichaient • le lu~e le plus effréné el l'esprit le plus contre-révolutionnaire•, tenaient à la guerre, source pour eux de tant de profits. Quant à ceux qui couraient tom les risques de la guerre, nous allons voir ce qui fut fait en leur faveur. Une loi du 2i février 1793 (art. 5) avait affecté les biens des émigrés, jusqu'à concurrem:e de 400 millions, au payement des pensions et gratifications dues aux militaires; le 27 juin 1793, la Convention portail à GOOmillions • les récompenses territoriales • réservées sur les biens des émigrés. La loi du 5 nil'ôse an II (25 décembre 1i9'3), qui ordonnait le prompt jugement des officiers prévenus de complicité avec Dumouriez el Custine, disait (art. 3) : • Les secours el l'écompenses accordés par les décrets précédents au, défenseurs de la patrie blessés en combattant pour elle, ou à leurs veuves et à leurs enfants, sont augmentés d'un tiers». Cela faisait donc SOQmillions. Un rapportd'Escbasseriaux ainé, fait au Conseil des einq-Cent-s le 22 brumaire an IV (i3 novembre 1795), mentionna.il (/lfoniteur du 3 frimaire-21 novembre) "le milliard destiné pour les défenseurs de la patrie •- C,·assous reparlait de ce • milliard~ dans la séance du 4 fr/maire (25 novembre) et, le lendemain, le

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