Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

lllSTOIRE SOCIALISTE un régime abhorré: c'était aussi le risque de perdre non plus le bénéfice des colonies, mais les colonies elles-m~mes. Le minislre Gorloy finit néanmoins par s·allicr à la France, et le général Pérignon c1ui, nommé amha<>adeur de France rn Espagne le 5 frimaire an IV (:?0novembre nn;;J. 11·èlailarrivé à Madrid que le 22 s;erminal an I\' (11 an-il iîOO), signait un traité a.-rc lui, le 2 fructidor an l \" (10 août lîOO), à San Ilùcfonso, non loin de Ségovie. li y avait entre les deux pays alliance offensive et défensive; chacun d'eux devail. dans les trois moi,; oh il en serait requis, tenir à la disposition de l'autre 25 navires et un contingent d'environ 2\.000hommes; l'Angleterre seule était immédiatement Yiséc; un article secret prévoyait l'intervention de l'E·pagne JJour amener le Portugal à fermer ses ports aux Anglai,. Lr 8 octobre, la guerre était officiellement déclarée par l'Espagne à l'Angleterre; quatre mois après (11 février lîOî), la flotte espa~nolo complètement battue par l'amiral anglais Jcrwis il la hauteur du cap Saint-Vincent, se réfugiait à Cadix où elle était bientôt bloquée. Si, d'autre part, l'ile de la Trinité, dans les Antilles, fut, le iS lévrier 170ï, prise par les Anglais, ceu,-ci, en avril, échouèrent contre Puerto-nico, et Nelson, qui avail mission de s'emparer des Iles Canaries, ne put réussir, le 20 et le 24 juillet ii97, dans sa tentative contre Santa-Cruz, capitale de l'i le de Tenerife; il reçut lit une blessure qui nécessita l'amputation du bras droit, il a\'ail déjà perdu un œil pcndan t le siège de Calvi en juillet 1704. Toutefois, le dérnslre de la flotte el, aprè$ les élections de l'an V, l'espoir d'une prochaine réaction en France a\'aient rendu Godoy moins coulant à l'égard du Directoire; j'ai rarlé, il propos de la Turquie, de sa demande infructueuse relativement à notre protectorat reli~ieux dans le Levant; je n'y reviendrai pas. A la suite de l'altitude récalcitrante de Godoy, Truguet qui, nommé en remplacement de Pérignon (20 vendémiaire an ·VJ-20octobre 1707), prit ses fonctions en plm•iôse(février iï08), travailla à le faire renvoyer du ministère, ce qu'il obtint du roi le :?8mars. Malgré· une résistance comique, il fut à son tour remplacé, en prairial an VI (mai 1798): par Guillemardel qui remit ses lettres de créance le 20 messidor (8 juillet). Sans participer elîectivement aux hostilités. le Portugal ne rompait pas avec l'Angleterre. Il y el!t bien, le 23 thermidor an V (10 août 1707), uu traité conclu à Paris entre Delacroix, ministre des relations extt\rieures, el le ministre du Portugal en Hollande, d'Araujo, accordant à la France une extension en Guyane; mais le fils de la reine, qui exerçait les fonctions de régent, refusa de le ratifier et le Directoire furieux, déclara, par arrêté du 5 brumaire an VJ (26 octobre 1707). le traité• non avenu ». Après une démarche de l'Espagne, le Portugal revenait sur sa première décision; le i" décembre, il se déclarait favorable à la ratification el chargeait d'Araùjo d'amadouer le Directoire à l'aide d'espèces sonnantes; la chose s'étant ébruitée, le Directoire, pour faire preuve d'incorruptibilité, fit enfermer d'Araujo au Temple du 8 nivôse au 8 germinal an VI (28 décembre iî07 au 28 mars

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