Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

JIISTO!Ri,; SOCIALISTE Sublime Porte en article cle réclame pendant à peu près deux mois. Le pre• rnier clrogm'1n, ou interprète officiel, de la nouvelle ambassade était un Grec qui s'appelait Panagiolis Kodrikas, nom qu'il changea en Coclrika vers 1815 (voir Georges Avenel. Lt1ndis révolutù,nnaites, p. 13:3-136). :'\olre ambassadeur auprès cle la Porte était alors le général Aubert du Dayel nommé, le 1() pluviôse an JV (8 féuier 1700), en rem1>lacement de \'erninac (chap. 1'), el arrivé, le 11vendémiaire an V (2 octobre 1700), ù Constantinople, où H cleYaitmourir le 27 frimaire an YI (17 décembre 1707).Après le rappel du premier secrétaire, Cara Saint-Cyr (arrêté du 6 ventôse an VI2't février 1i98), l'ambassade ful gérée par Ruffin qui, dans une lettre du 12 nivôse an YI (1" janvier 1798), signalait la mauvaise impression éprouvée par Id Porte ù la nouvelle des tendances de Bonaparte à exciter chez les Grecs ce qu'il a1ipelait « 1~ fanatisme de la libe1té » (lettre du 21) thermidor an V16 aoùl 1707, dans la CorreFpondance de NaJJoléon l", t. 111,p. 313). Un autre événement n'allait pas larder à émouvoir le sultan el son ambassadeur. Ce ful le discours qu'Eschasseriaux ainé prononça au Conseil des Cinq-Cents, le 23 germinal (12 avril), lruis semaines avant le départ de Donaparte pour i'expédilion d'Egypte, el dont il sera .question dans le chapitre suivant à propos de la préparation de celle exp édition. Si Esseid Ali renonça au projet qu'il avait aussitôt conçu de faire s ecrètemenl surveiller les mouvements de la flotte organisée à Toulon, s'il se laissa convaincre el s'il écrivit à Constantinople - où, un peu plus tard, le 1" messidor (19 juin), Ruffin s'attachait à enlever toute autorité n. ce discours présenté comme la ~impie opinion personnelle de son auteur - que le bul de l'expédilion était la Sicile, ce ful grâce aux manœuvres de son drogman Kodrikas, qui savait tout, cachait la ,·érité à !"ambassadeur, trahissant le gouvernement turc el rêvant de l'émancipation de la Grèce, cause qu'il devait, d'ailleurs, trahir plus tard, à l'époque où il modifia son nom. Lors de la rupture des relalions diplomatiques, les tenta lives d'Esseid Ali pour obtenir ses passeports (frimaire an Vil-décembre i 798) restèrent sans résultat, par soi le de l'arrestation du personnel de l'ambassade française opérée sur !"ordre du sultan (chap. x1x, § 2). Esseid Ali continua donc d'habiter Paris jusqu'en 1802, surveillé, mais sans gêne réelle; lorsqu'il partit, Kodrikas eut bien soin de ne pas l'accompagner à Constantinople. Je m'étais proposé tout d'abord de dire ici un mot de la façon dont le Directoire avait envisagé la.question du protectorat parla France des établissements religieux catholiques au Levant. Mais, en présence de l'opinion soutenue, le 24 novembre 1003, à la Chambre des députés, que la politique « du Directoire concerna11lnos missions au Levant esl la même que celle du comité de salut public au temps où la puissan Le intelligence politique de Danton l'inspirait» (Journal officiel, p. 2860, i" colonne), et que celle politique est identique à la politique traditionnelle, on me pardonnera, Je pense, d'insister

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