Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

370 JIIS1'01RE SOCIALIS1'8 de l'annn·hie •· Finalement on chercha à e,ploiler la tentative cl"assa,s inal dont fui victi111cSieyi's de la part d"un abbé Ml raqué, son coropatrlole Poulie (2'2gcr111inal-JJavril). L'or ans;lais, dans ces conditions, n'eut pas de pe ine à l',•mportcr snr l'argent du Directoire (750 000 francs, d'après 1'hibaudeau , .lllmoires sur Ill Co11ve111ionel le JJirectoire, l. Il, p. 153). li ne faut pas non plus ouhlirr, surtout au point de vue ors élections parisiennes, le méc ontentement des rentiers, très mal J>ayés alors, et dont beaucoup étaient véritablement réduits à la misère. Le rapport de police du 13 germinal (2 avril) dit que• les plaintes de~ rentiers sont e,trêmcrnent viles à raison des payements qui sont eliectués a,•ec des rescripl ions qui perdent 91 1>our10 0 •· Aussi les élections de germinal an V (mars-awil 1707) de,-aienl être un tl"iomphe pour la réaction. Cc fut une période de bon t~mps pour le p arli royaliste et pour les hurlesques échantillons de sa jeu.nesse, les Incroyab les el les Merveilleuses, qu.i mirent dans leurs costumes el dans leurs maniè res tout le ridicule de leurs i1!ées. A1rès son échec, le Directoire devait, dans son message du 28 germinal (17 avril 1797), demander le moyen de ne pas laisser impunis les procédé,; de corruption errlployés et, dao~ un rapport aux Cinq-Cents, en réponse à ce message du Directoire, Dumolard dénonçait à son tour, le 10 noréal an V (29 auil 1797), « ce trafic honteu~ des sulirages, dont le résullal nécessaire est de rnellre à l'eucan les droits el la liberté du peuple•; mais cela n'eut pas de suite. Il y eut renouvellemeot d'un tiers des deux Conseils, c'est-à-dire que, sur les deu,t Liers composés à l'origine de Conventionnels, la moitié devait ce sser ses fonctions. Le tirage an sort pour la désignation des Com•eolionnels sortants avait été opéré le i5 ventôse (5 mors). On garda le second Liers complet, les ;iègcs vacants par suite de démission où de décès rnreul comptés dan s le li~rs à renouveler el 216 anciens Conventionnels sortirent, 1-i5 des CinqCenls el 71 des Anciens. Or, sur ces 216, i1 seulement furent élus. Les rJpporb de police nous apprennent qu·à Paris la plupart des memlires des buream des assemblées primaires ôtaient « les mêmes que ceux qui les compOSllÏenten Vendémiaire• (rapport du 3 germinal - 23 mars), el que, croy ant avoir encore le droil de rnter, des ouvriprs s'y présentèrent« en assez gr and nombre• ( rapport du 5-2:i mars). La bourgeoisie parisienne nomma des royalistes con,litulionnels; Lyon, des royalistes avérés : Imbert-Colomès el Camille Jordan; llar;eille, le général \Villot, 11u.i(Chassin, Les Paci/icalions de l'Ouest, l. Il, p. 157) s'était trallreusemenl, pendant le séjour du comte d'Artois à l'ile d'Ycu, mis en relations avec les émigrés cl avec les chefs vendéens tels que les de lléjarry (Idem, p. 174), qui a1aiL cherché à enlever son commandement à lloche (Idem, p. 175 et 176), el qui, envoyé en thermidor an IV (aoO, i 796) à Marseille, pul y pro léger à son aise, grl'lce(Chassin, Idem, l. III, p. 2!'· 30) à l'appui de Carnot, les compagnons de Jésus et du Soleil; le Jura élit Pichegru. De l'autre côté, on trouvait le général Jourdan, élu par la Haule-

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