Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

lllSTOlftE SOCIALISTB se brouiller avec le Sainl-Siège que s'il ne lui élail pas possible de fair~ autrement: il voulait la paix el l'argent. C'est un lort souvent de voir dans des avances conciliantes un indice de frayeur ou de f'aibles,e; les diplomates, en particulier, ne sarent guère admettre que les choses qui les occupent soient parfois t,ès ,im1,lcs; il, supposent toujours ries dessous compliqués, croyant raire ain,i preuve d'une finesse qui est mise précisément en défaut par le lrop fréquent désir de sc prouver. Cc fui, en la circon,lance, le tort tlu pap'. o·autre part, au courant de la nouvelle entrée en ligne de l'Aulriclle sous la direction d'Allvinczi, il se lrouva par lit confirmé dans rnn idée que la crainle seule avait motivé les bonnes intention, de Dona1iarte, et il fil des préparatifs guerriers, escomptant le succès de l'Aulrirhe et l'appui de Dieu. Aussi, immédialemenl après l'écrasement d'Allvinczi, Bonaparte ,ongeail à se retourner contre le pape. Le 3 pluviôse·an V (22janvier lîfl7,, il manda il à Cacault de quiller Rome• six heures après la réceptinn »(ldem,p. 338) de sa lettre. Cacault la recevait le 7 (:?6janvier) el parlai! aussilôt. Dès le :?8 nivôse (17 janvier), Donaparte avait de Vérone ordonné des préparalifs sous les ordres du général Victor. Celui-ci franchissait le Pô le 2 pluviôse (21 jan\'ier), séjourn,it le 3 (22 janvier) à l"errare, se dirigeait le lendemain sur Bologne et, le 13 (1" l'é, rier), quillait celle ville el arrivait de vant Imola, première ville, en cc moment, sous la dominalion du pape. Après avoir culbulé les soldats du pape commandé, par Colli, « préparés par de sainls exercices à montct· au ciel" (GafTarel, Bonaparte et les républiques ittdiennes, p. 210), mais paraissant peu empressés à etrecluer celle ascension, il enlrail dans Faenza sans avoir pu, malgré ses efT01·ts,rattraper la cavalerie papale, qui détalait comme si les volailles célestes lui avaient pr/!lé leurs ailes; il occupait Ancône le 21 (9 février); les troupes du pape n'avaient pas essayé de se défendre. Donaparte se livra à son cabotinage habituel ~ il manda moines et pr<llres, les rassura, les exhorta à avoir confiJnce en lui; eulre comédiens on se comprit vile, el l'enlente fut aisée pour é,iler les sacrifices essentiels. Le 21, (12 février), le pape demandait à traiter et, lei" ventôse (Hl février), la paix était signée à 'l'olenlino. Le jour môme, Donaparle écrivait à Pie VI: • J'envoie mon aide de camp chef de brigade pour exprimer à voire Sainteté l'estime el la vénération parfaite que J'ai pour sa personne,. (Coi·respondance de Napoléon I", t. II, p. 450). L'avantveille (29 pluviôse-17 février), il avait écrit au général Joubert: • L'armée est à trois jours de Rome. Je suis à traiter avec cette prètraille »·(Idem, _p. 437). Ce rapprochement permet de juger l'homme. Par le lfailé de Tolentino, que le Uirecloire ratifia le 12 germinal an V (i" avril 1797), le pape abandonnait toutes prétentions sur Avignon el sur le co.mtat Venaissin, depuis longte!l}ps englobés sans son autorisation dans le déparlemenL de Vaucluse; il renonçait aux territoires de Bologne, de Ferrare,

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