Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIIS'l'Olll8 SOCIALIST8 3:W l'exception d'un seul, le secrétaire Nicolas Pillé, qui, par ses aveux, se fit l'auxiliaire de l'accmalion, nièrent la conspiration, tout en en légitimant hypothétiquement le but et en en juslifiant les principes. Dans leurs es,ais d'explications vraisemblables pour les documents découverts et les rails établis, ils furent parfois obligés de recourir à des subtilités; car la tâche n'était pas facile en présence des pièces saisies qui confirmaient le récit rie Grise!. Celui-ci se vanta de n'avoir pas agi par intérM; pour pareille chose, déclarat-il (Débats dtt procès, t.11, p. 115;, toute récompense• serait ignominieuse". L'appréciation n'était pas trop forte; mais (Archives nationales, At'lll 42), par arrêté du Directoire du 17 floréal (6 mai), Cochon, au titre <le « dépense secrète», versait à Grise!« dix mille livres assignats valeur nominale" qui valaient alors 30 francs en or ; par arrMé du 8 pr,tirial (27 mai), l~ Directoire lui accordait un s~bre avec son ceinturon; par arrtilé du 28 messidor r 16 juillel), le Directoire lui octroyait « à titre de gratification pour les servic~s par lui rendus •• 3000 livres en mandats, valant à ce moment 16;'; francs, et des soins médicaux aux frais de la République: l'ignominie incontestable de Grise! tilail une ignominie au rabais. Pas une minute il ne rut question, ni dans l'instruclio;,, ni durant les débats, de l'affaire de fau, dirigée contre Babeuf. Cependant, c'est en germinal an IV (fin mars 179B) que Cochon avait reçu la lettre du commissaire du pouvoir exécutif Villemontey, datée de Beauvais, le 5 ge,·minal (25 mars), et de nature à évoquer de nouveau l'affaire (voir chap. xn). Les questions, telles que la Haule Cour les posait tout d'abord au jury, ne visaient que le fait de conspiration tendant: 1' à troubler la République en armant les citoyens les uns contre les autres; 2• en les armant contre les autorités établies par la Constitution de l'an Ill; 3° à opérer la dissolution du Corps législatif. Sur la proposition du chef du jury, lley Pailhade, soutenu roalencontreu,ement par le défenseur de Ricor.l, Laignelol, Fyon el Anlonelle, ce Réal, rédacteur du Jounwl des patriotes de 89 dont j'ai parlé plus haut, et combattue par l'accusateur public, Viellarl, qui trouvait que• cela ne résultait pas de l'acte d'accusation; cela ne résultait pa, non plus du débat » (Débats dtt procès, t. IV, p. 91 de la dernière partie), la Haute Cour ajouta aux trois séries précédentes po,Jes par elle deux autres séries de questions concernant, la quatrième la provocation par discours, et la cinquième la provocation par écrits au rétablissement de la Constitution de 93. JI suffisait de quatre jurés sur les seize votants pour absoudre. Ce résultat fut atteint sur les trois premières séries relatives à la conspiration; mais non sur la quatrième rela live à la provocation par discours au rétablissement de la Constitution de 93; toutefois, les circonstances atténuantes étaient accordées aux sept déelarés coupables : Babeuf, Buonarroti, Germain, Darthé, Moroy, Cazin, Blondeau, Au lieu d'en finir et d'interroger le Jury sur la cinquième aérle de quesUons, li y eut suspension du procès-verbal, changement, sous

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==