IIISTOlllli SOCI.\LISTE ::J!) rapproche la phrase de Do,sonville, rapportée plu, haut, de cc qu'écrivait, dans un rapport au Directoire, au début de prairial an IV fin rn ,i iî\liJ. c'(•stà-Jire u,re quinzaine de jours après l'arrest.ition de Babeur, un policier amateur, Brion, employé à celte époque ü la Trésorerie natioualc: • vous n'ignorez pas qur, s'il y a du pain, on ne pense à rien; ;,'il en manque, c'est vous qui le voulez, et rien ne peut rhauger ce dicton chez le peuple il qui le, Jfa. beurs ont trouvé le moyen d'e11foire espérer, Dieu saitcommenL! • /Archives nalional~s, Fi, 7100-6~>0~; si on se souvieut des paroles de Quirot, président des Ciuq-Cents, qui, dans la séance du 10 thermidor an \'Il (28 juillet Ji!Y.l,, à l'ocra,ion de l'a1111h·erstiredu 0 t11crmiùor, tout en attaquant Babeuf, disait : • ses rêveries sur le• bonheur commun•, l'absurdité inconcevahlc de ce qu'il appelait des princi1>es, fi.rirent f'atfrntion g~111•1·a.l.e. tou; le., 1·eg11rds étaient jiJ·és sur Babcu( ", on est porté à pefüer que l'action de llabeur nP fut pas aussi négligeable que la plupart des historiens veulent bien le dire. Le jour même de l'arrestalion, le Directoire annon~ait la découl'crlc d'une conspiration tendant à livrer Paris,. à un pillage général el au, plus alfreu, mas.acres•• el, sur sa dl'ma11cle,les deu, Conseils vot1icnt une loi enjoignant de quiller le département de la Seine dans 1,,, trois jour,, mur permission spéciale, au, anciens Conventionnels n'e,erçanl plus de fonctions publiques el qui n'étaient pas domicilié~ à Paris avaut leur nomination, au, anciens fonctionnaires, aux militaires destitués ou licenciés, <Juin'y étaient pas domiciliés avant le l" janyier lïO;J, am patriotes <1u·avail libérés l"amnistie du -l brumaire an!\', aux étrangers et aux prévenus d'clmigratio111101r1ayés des listes d'émigrés. Le surlendemain 2:J Ooréal-1:tmai . llJhwf adressait aux membres du Directoire une lettre par la~uelle, loin de 11icrla conspiration, il la représentait plus puissaute, plus él~ndue qu"elle n'avait été; il leur conseill.,it, en conséqu<'nce, dans leur propre intérN et dans • l'inlérN de la 1>alrie•• d'arrt'ter les poursuites et de • gouverner popul.1iremcnt •• moyennunt quoi ils auraient l'appui de• toute la démocratie de la népuhlique français(' ", au lieu de. l'irriter et de la retourner coutre eux en agi,sa11t autremeut. Celle lettre dénote chez llabeur de la naïveté et de l'orgueil; l'ern~ération - prémoditée. nou; dira-t-il tout à l"heure, - de sa force, troubla, suivant l'habitude, son jugement, et, quel qu'ait été son hui, l'enlratna à une déll\arche d'une ingénuité excessive; il n'aboutit qu'il fournir une pièce de conviction de plus contre lui. Une lettre datée de la • Tour du 'l'emple, 2() messidor de l'an IV» (1\ juillet 1706), et adressée à Félix Lepeletier nous montre Babeur ne se faisant pas illusion sur son sort prochain, mais ayant conscience de son rôle hlstorl11ue; elle explique aussi son atlltude depuis son arrestation et condamne celle de cet démocrate&qui, après lui avoir été ravorables, s'empre,~lent, par peur, rit rompre hruyamment toute solidarité avec lui. Il prie d'abord L~pelelier de
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