HISTOIRE SOCIALISTE grande notoriété, les Montagnards ne réussissent, pendant el après l'iasurreclion, à pr~ndre la tête du mouvement, le comil6 rncret, malg,·é lo robcspierrisme rancunier de Debon (Buonarrotti, t. I", p. J(lg et 170), consentit,, la réunion désirée, de son colé, par quelques-uns des conjurés, Fyon el Rossignol nolammenl, et proposée, de !"antre, par Drouet, llicord (•l Laignelot; celte réunion (15 Ooréal- 4 mai) faillil aboutir non à l"enlente, mais ù la brouille. Aprils la victoire, le pou1•oir devait appartenir, d"après lrs Egaux, nous l'avons vu. it une assemblée composée par eux ct·un démocrate par département, et, d'après les Conventionnels, à la partie proscrite de la Convention : dès la première enlre\'ue, les Egaux se prononcèrent pour !"adjonction de leur liste à celle des anciens Conventionnels de la )lonlagne; penclanl quarante-huit heures, les Montagnards repoussèrent celle adjonction maintenue par les Egaux; finalement, grùce surtout it Amar el à Hobe1-t Lindet, ils l'acceplèrenl (t7 floréal-fi mai). A propos dr- lïntervention de Robert Lindel, je signalerai que, dans le rapport fail par lui, au nom du comité de salut public, à la fin de l'an Il, el donl il a 6lé plusieurs fois question (chap. u el~ î, 8 el 9 du chap. "), se lrnuve une phrase : « Les moyens dïnslruction ue doivent-ils pas être à portée de tout citoyen, comme les moyens de travail», qui peul encore forl bien serl'ir aujourd'hui à résumer le but direct du socialisme. Peut-être Robert Lindet n·a~ercevait-il pas Loules les conséquences de celle thèse, et les radicaux actuels ne les aperçoivent certainement pas plus que lui q~i parlait avant 13transl"ormalion des moyens de travail; mais le fait seul de l'avoir formulée dénote chez lui un étal d'esprit qui le prédisposait à s'entendre avec des socialistes, avec Babeuf el les Egaux. En résumé, par ce que nous avons clil tout à !"heure à propos de l' • acle d'in,urreclion ,, adhérant à la Conslilution de ii!i; el il certaines concessions, el p;.1rl'entente que nous ,enons de constater avec les :l:!onlagnards, nous voyons que Babeuf"et les communistes se, amis qui, dans le chapitre précédent, se sont montrés à nous comme les défenseurs de la forme républicaine, onl, dès le prerr-ier mou,·emenl socialiste, accepté de collaborer avec les idées el les hommes de la démocratie bourgeoise. Qu'ils l'aient fait par suite de la conscience pins ou moins nette de leur faiblesse à eux seuls el avec la volonté précon~ue d"aller plus loin que leurs alliés, après avoir triomphé grâce à celte collaboration; que, depuis, 13 possibilité d"une telle collaboration n'ait guère, jusqu·à ces Ioules dernières années, été, en principe, admise qu·au strict point de vµe, je ne dirai pas révolutionnaire, ce mol prêtant trop à l'équivoque, mais insurrectionnel - ce qui a abouti à la méthode blanquisle de la. dérivation, au profil du socialisme, de, mouvemeDLspopulaires auxquels le socialisme était tout d'abord étranger - il me parait intéressant de remuquer que, dès le début, la collaboration du socialisme ne perdant pas son but de vue, avec la clémocralie bourgeoise, n'é·
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