Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOII\E SOCI.\LISTE :l0.3 -• novembre ii9:i). Les difficultés de la vie su,citèrent de nombreuses demandes d'augmentation de salaires, d'autant plus Juslifiées que les chefs d'atelier diminuaient ceux-ci lorsque unissait le prix des denrées, comme nous rapprend le rapport de police du 1~ pluviôse an IV (3 février !ïOO). Le 4 frimaire (25 no\'embre), raugruentation demandée ayant élé refusée dans • plusi, urs grands ateliers "• les ou\'rier;:, dit le rapport, • 011t mis has ». M. Au lard dans son recueil ( Paris pendant la reaction thermido,·iewie et sous le Directoire) souvent signalé d'où je lire ce, renseignements, paratl surpris de celle dernière expression quïl a éprouvé le hcsoin de siµ-naler comme le1tuelle (t. li, p. 1,.'>1); or c'est là une expression ouvrière 11ue les typographes, en particulier, em1 loicnl toujour,: la mise uas est l'action de déposer l'outil, la cessation de travail. Le !?;J frimaire {!li décembre), la police surveilla des ouvriers imprimeurs qui s'étaient rJssemblés dans un cabaret pour se concerter sur une a11gmentalion à demander. Le 2 nil'0se (:?3 décemure), c·ctail le ~our des ,lébardenrs du port Saint-llernarcl qui s'étaient réuuis rue de Seine, se plaignant de ne plus poul'oir vilre. Le 20 nhôsc (JO janl'ier 1700\, l~s porteurs de sacs de grains employés au magasin de !"Assomption, rue Saint-Honoré, ayant réclamé une augmentation furent remplacé, par des fiolclal<. Le lenùem;iin \Il janYier), il y eul, à !"atelier où on achevait le, canon<, JUe de Lille, un refus des ouvriers ùc continuer les tra,.aux sans une augmenlalion; le commis,aire de police militaire reçut l'ordre <le se tra11spo1ter à cet atelier pour faire cesser celle •mutinerie». En rel'anche, des rapports des 20 el 23 nivôse (10 cl 13 janvier), il résulte que les ou1riers ne trou1aient plus à s'occuper p~rce que, pour 5e ,enger de l'empru11t forcé, beaucùup de manufacturier, fermaient leurs établbsement,, comptant, en accrois,aot ainsi la rni,ère de leu_rsouvriers jetés sur 1e paYé, les anwner à (l';e soulf'ver, san;;r:,1u'onsong( ilt à déranger un commissaire pour si peu. Le 8 prairial (27 mai), les imprimeurs tral'aillaol à l'imprimerie des lois, « prévenus d'al'oir voulu e.,ciler un mouvement parmi les ouvriers de celle imprimerie», étaient arrêtés par ordre tlu Directoire. Une quarantaine u'ouvriers « de l'atelier du citoyen Four11ier, entrepreneur des bâtiments de la République», étant allés se plaindre auprès du juge de paix d'tllre insu(fisammenl payés, furent éconduits el menacés par le juge, pour le cas où ils se représenteraient plus de quatre devant lui (rap~orl du 5 messidor an IV-23 juin fî96). Enfin, lei" thermidor (19 juillel), la troupe 6lait envoyée afin d'empêcher un mouvement présumé des ouvriers du _port Saint,.llernard, qui avaient p,,rlé • d'exiger de l'augu,enlation "· Le payement des salaires en assignats ou en·mandats, alors que Jes marchands n'acceptaient que le numéraire, fut cause aussi, dans ceUe même année, de mécontentements trop justifiés. D'après le rapport du 8 messidor (26 juin), des rai;semhlements avalent eu lieu dans le faubourg Saint-Antoine, entre l~s ouvriers ébénistes, chapelier. el autres réclamant le payement en numéraire

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==