Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE ments •· Déjà, les 6 et 9 messidor (24. el 27 juin no:;,, il était inlervrnu en sa faveur auprès du comité de salut public qui lui avait très justement répondu, le 17 (5 juillet), qu' « un objet qui concerne uotre propre administration ne peut être mis en discussion avec le représentant d'une puissance étrangère •· Celle fois, le Directoire se fâcha de pareille insistance cl, par arrêté du 20 frimaire (ii décembre), déclara cesser tout rapport avec Carlelli; orficiellemenl informé de l'incident, le grand-duc, qui ne voulait pas rompre avec la France, désapprouva Carlelti el le remplaça par le prince Neri de Corsini. J'ious avons (chap. x) laissé le comte d'Artois dans l'ile d'Yeu, très résolu à ne pas mettre le pied sur le continent; afin de se soustraire à l'in,istance de mauvais goût de ceux de se, partisans qui le poussaient à débarquer, il prit une détermination énergique et, le 18 novembre, fila secrètement vers l'An~leterre; les troupes anglaises n·evacuèrenl cependant rtle d'Yeu que le 26 frimaire an IV ( 17 décembre 1i03). <:elle ex1édilion coûta 18 millions à l'Angleterre qui en avait déjà dépensé 28 pour celle de Quiberon {Chassin, Les Pacifications de l'Ouest, 1. Il, p. 72). La pollronnerie elfrontée du comte c1·Artoisjeta le découragement dans les rangs des insurgés. Hoche qui, du 18 vendémiaire au 8 brumaire-i0 au 30 octobre, avait reçu des renforts venus de l'armée des P y, énées occidentales sous les ordres du général Willol, procédait méthodiquement au èérnrmemenl des p.aysan,, faisant saisir, lorsqu'il se heurtait à Jeur mauvaise volonté, grains, bestiaux, charrues, qui ·n'étaient restitués que contre livraison des fusils, conciliant toutefois sur la que$tion religieuse. Le 5 nivôse an IV (26 décembre J70ë>), il rece,•ait le commandement en chef de l'armée des côtes de rocéan formée par la réunion des trois armées de l'Ouest; le général Bonnaud commandait provisoirement l'armée des côtes de Cherbourg, depuis la nomination d'Aubert du Bayel au ministère de la Guerre, el, le 21 frimaire (12 décembre), Hédouville avait été mis à la t0le de l'armée des côtes de Brest. Ne pouvant espérer tromper une seconde foi; les républicains, Charette continua la lutte; le 20 vendémiaire an IV {12 octobre 17!lë>)d, ans le Pertuis breton, non loi.n de la Tranche, il recevait enc~re armes, munition, et or anglais {Chassin, idem, p. 97 el Billard des Portes, Cliareue et la guerre de Vendée, p. 52i). Stofflet, lui, essaya de rentrer en gr0ce; il eut, près de Cholet, le 21 frimaire {12 décembre), une entrevue avec lloche qui, très confiant, ne se laissa néanmoins pas duper. Aussi, lorsque Stoffiet reçut du comte d'Artois, d'aulant plus belliqueux qu'il était plus éloigné du théatre de la guerre, l'ordre de reprehdre les hostilités, il s·y conforma (6 pluviôse an JV-26 janvier.1796); mais son appel aux p•ysans resta sans effet. Après plus de re, ers que de succès, dans de petilrs opérations sans grande importance, il se rendit le 4 ventôse (23 février) à une réunion de chefs royalistes convoquée par l'abbé Bernier à la Saugre-

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