Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

200 lllSTOTRE SOCIALISTE notamment le café des Bains cbinois, au coin du boulevard et 9e la rue de la Michodière, dont le propriétafre, Baud rais (Révolution française, revue, t. XXXlll, p. 323), appartenait à la police, le café Chrétien, rue Saint-~Jarc, dont le patron était un des chefs du parti, le café Cauvin, rue du Uac, au coin de la rue de !"Université. Dans ces divers endroits, de même que dans les journaux des anciens Jacohins, l'article de Babeuf fit scandale. • Grou()<'S, cafés, journaux», raconte Daheuf clans son n• 3J (0 lrimaire-30 novembre), l'al1.1quèrent, sous lïmpulsion, assure-t-il, de Fcuché, parce qu'il n'avait roulu Nre • ni soum,,, ni corrigé, ni soudoyé ». En tout cas, loin d'être l'instrument de Fouché (~ladclin, Fouché, l. l", p. 205). il s'en prit à lu: : • Tu as des relations avec le pour et le contre; lu l'insinues chez tous les parfis; lu ne t'es pas prononcé clans les moments de péril•, écrivit-il notamment. Lebois, son ancien codétenu, étant allé jnsqu·à lui reprocher d'avoir :hangé d'opinion rnr le Othermidor, il reconnut quïl fut «abusé un momrnt • à cet égarcl el fil l'éloge de nobespicrre - après a,oir élé thermidorien avec excès (chap. 11), il est devenu rohe•pierrisle sans mesure el, sur cc roint, sa lettre à Joseph Bodson, du O venlô,e an IY (28 fé1rier 1700), c,l caractéristique; dans celle lettre, dont Jaurès a puiJlié une partie (l. IV, p. 16:.?2) el qui se trouve dans la Copie des pièces saisies dans le local que Babeuf occupa;t lors de son arrestation (l. If, p. 52-55), il repoussait, eu outre, l'hébertisme, comme il l'avait déjà fait dans le n• 3 de son journal (chap. 111 où il était anlirobespierrisle. ,-- li s'étonna d'avoir "choqué à la fois les pal, iotes el le million doré, le gouvernement el les ami~ du roi •· A l'accusalio11 d'avoir servi la cause royali.te " sans le ,ouloir », lui qui l'a toujours si vivement attaquée, il répliqua que ce qui fairnit la force du royalisme, c'était • l'horrible famine factice», la misère qui écrasail le peuple sous la népuhliq ue, el il exposa qu'il voulait« des institutions plébéiennes», auxquelles la conslilulion de 93 • préparait les voies•· assurant« le bonheur commun, !"aisance égale de tous les co-a.-sociés •· C'est donc « la loi agraire que vous voulez, vont, dil-il, s'écrier mille voix d'honnêtes gens? Non : c'est plus que cela. Nous savons quel invincible argument on aurail à nous y opposer. On nous dirait, avec raison, que la loi agraire ne peul durer qu·un jour; que, dès le lendemain de son établissement, l'inégalité se remonlrerail "· Ce qu'il faut, c'est • l'égalité de fait •, • la démocratie est l'obligation de remplir, par ceux qui ont trop, tout ce qui, manque à ceux qui n'ont point as,ez •; • toul ce qu'un membre du corps social a au-dessous de la suffisance de ses besoins de toute espèce el de tous les Jours, esl le résullat d'une spoliation de sa propriété naturelle indhiduelle, faite par les accapareursdes biens communs». Ce qu'il faut, c'est • assurer à chacun et à sa postérité, telle nombreuse qu'elle soit, la suffisance, mais rien que la suffisance•. Aux « anciennes institutions barbares • il faut• subslltuer celles. dictées par la nature el l'élerrielle justice •· En dehors de cet argument, Babeuf disant

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