Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOII\I<: SOCIALISTE 280 mum ». Il conslal;1il que la masse qui, dans son ensemble, se préoccupe plus de la réalité que cles principes, commençait à se délarher de la Républi~ue; qu'on pouvail la reprenùre en recourant à des instilulions nom elles, à des rétormes lui donnant quelque sati~faction, • et que ce n'est que Je gouvernement républicain avec lequel il est possible qu'on y arlive ». Son contact, dans les prisons de Paris et d'Arras, avec d·anciens Jacobins, l'avait amené à juger le 9 thermidor autrement quïl ne l'avait fait : • Q,ons dire, conlinuaitil, que la Révolution, malgré lou~ les obstacles et toutes les oppositions, a avancé jusqu'au 9 thermidor el qu'elle a reculé depuis». En présence du danger royaliste et quoique les thermidoriens eussent commis de grandes fautes, il approuvait le• ralliement des patriotes à la Convenli!ln » en vendémiaire; mais cela, ajoulail-il, ne pouvait durer qu'a la condition que le gouvernement n'essayât pas de • Jouvoyer entre deux partis, en paraissant les vouloir comprimer l'un et l'autre et gouverner avec le seul appui de la force militaire"· c·esl en réclamant la Conslilution dç 1793 qu'il terminait cc très clairvoyant e,posé dont l'esprit politique peut nous servir de modèle, et qui a le mérite de prouver qu'en France la défense de la forme républicaine est la 1•éritable tradition socialiste. Le Directoire, dont Babeuf démasquait si justement les intentions secrètes, chercha pendant les premiers temps à se concilier les républicains avancés, non par dPS satisfactions d'idées de nature à consolider la République et à affaiblir ses adversaii·es, mais e,clusivement par des avantages personnels: distribution de secours à un grand nombre d'entre eux redevenus libres, mais se trouvant sans ressources, ce qui était bien tout en étant in-ul1isant; subventions à leurs journaux pour leur fermer la bouche, ce qui était mal; nomination de plusieurs à des emplois vacants par l'élimina lion des royalistes à qui on avait dtl retirer l'administration après la leur avoir livrée. Les place~ dont Je Directoire pouvait disposer à ce moment étaient exceptionnellement nombreuses: dans plusieurs départements, les assemblées primaires s'étaient séparées sans avoir procédé à l'élection de tous les fonctionnaires el de tous les magistrats qu'elles étaient chargées d'élire; les Conseils confièrent au Directoire Je soin, jusqu·aux élections de l'an V (1797), de désigner les a~ministrateurs et les magistrats non élus (loi du 25 brumaire an IV-16 novembre 1795), de remplacer les juges des tribunaux civils et les juges de paix dont la place était vacante par suite de démission ou de décès (lois des 22 et 24 frimaire-13 et 15 décembre), de· nommer les administrations municipales qui n'avaient pas élé formées ( loi du 25 frimaire- 16 décembre), de choisir, mais pour six mois seulement, les administrations municipales de Bordeaux, Lyon, Marseille et Paris ( loi du 4. pluviôse an lV-24 janvier 1796) qui auraient d6 èLre élues par les assemblées primaires spécialement convoquées à cet elrel (loi du i9 vendémiaire an IV-H octobre 1795). Depuis l'amnistie, les anciens Jacobins se réunissaient dans divers cafés,

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