Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 287 ,·iô,e {20janvier), la même commis,ion lui écrivait qu'il venait de lui être demandé, par arrélé du 28 nivôse {17 janvier) de la commission de législa• lion, comment il se faisail que Babeur fôt libre. Il semble bien que l'a!Taire ne fut reprise alors que sous l'impulsion haineuse de quelques thermidoriens. Babeuf, on l'a vu (chap. 111), avait été arrèlé et, en annonçant le fait à la Convention, le 5 urumaire an Ill (26 octobre 1704), Merlin {de Thionville) avait rappelé incidemment la condamna• lion passée -et cassée; il n'y avait donc pas oubli, cc qui n'avait pas empêché de relâcher Babeuf au bout de peu de jours. Le 11 nivôse (31 décembre), un Convenlionnel, Vaugeois, avait adressé, au sujet de 13abeuf,à l'accusateur public de Laon, une lettre particulière conçue clans le même sens que la dernière lettre de la commission. Aussi, le 21 plu\'iôse an m (0 février 110::;;, les deux citoyens de Laon qui s'élaient rortés cautions lors de la mise en liberté de Babeuf, étaient ~ommés de le « représenter »; un mandat d'amener était bientôt lancé contre lui à l'e[el de le réintégrer dans la prison de Laon : une lcllre du 28 pluviôse {16 février) de la commission des administrations ciYiles, police et tribunaux à l'accusateur puulic de Laon annonçait la transmission de cc mandat au comit6 de s0relé générale. De plus, le :?5 venlô,e (1:5mars), le Lribmrnl de cassation annulait le jugement de mise en liberté du 30 messidor {18 juillet} précédent. Or Babeuf, arrêté pour ses écrits {chap. Tl), le 10 pluviôse (7 février), - ce que firent valoir ses deux rôpondants - resta en prison soit à Paris, soit à Arras, jusqu'au 26 vendémiaire an!\' (18 octobre ii05), sans qu'on ail paru un instant soucieux de le transférer à Laon où, à la connaissance cependant du comité de sûreté générale, il était réclamé. A cet égard, il n'y a, je le répète, jamais eu oubli : après la déclaration de Merlin {de Thionville), le 5 brumaire an lll (26 octobre 1794), à la Convention, rappelée plus baul, nous avons vu {chap. v1}qu'à la séance du 20 pluviôse (8 lévrier) Math_ieua l'ait traité Babeuf de « faussaire • et que le jugement de condamnation - cassé, nous le savons - a, ail été placardé sur les murs de Paris, par les soins de Fréron, devait dire Babeuf dans le n• 38 du Tribun du peuple, où, parlant de celle affiche, il ajoutait : • J'ai été arrêté peu après el emprisonné huit à neur mois comme apôtre du terrorisme. Pourquoi, pen• danl tout ce temps, personne au monde ne m'ir1quiéla-t-il plus sur l'autre affaire?• El celle question e;t décisive. Ce n'était pas par oubli, je l'ai prouvé; ce n'était évidemment pas par syrupathic: la haine pour Uabeur était, au contraire, trop évidente; alors? Il semble que ses ennemis - el ils étaient norubreux, puissants el acharnés, - désireux ou satisrails de le savoir enfermé, jouaient, pour obtenir ce résultat, de l'affaire de faux lorsqu'il était libre et, lorsqu'il était prisonnier pour un motif quelconque, évitaient d'aboutir à une solution définitive sur une accusation qui ne devait pas leur parallre bien fondée. A peine avait-il repris la plume et exprimé les idées dont nous parlerons

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