Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HIS'l'OIRE SOCIALISTE se h(He-t-on d'ajouter. Défense est faite au, fabricants • de débaucher les ouvriers les uns des autres en leur promettant des gages plus fort<•· Contrairement aux revendications des ouvriers, les fabricants seront libres d'embaucher qui il leur conviendra, de déterminer à leur gré le nombre et l'emploi des apprentis, que ceux-ci soient « fils d'ouvriers ou autres•· Le salaire sera payé « par Jour elîeclit' de travail el non sur de, u~ages émanés de l'esprit de corporation, de coterie ou de confrérie, réprouvé par la Constitution•· Et enfin, pour contrecarrer le désir des ouvriers qui auraient voui'u commencer leur travail à une heure ou deux heures du matin, « afin d'avoir leur liberté aprè~ midi • (Germain :llarlin, Les associatio11s 011i'l'iè1·es att xrn,• siècfe, p. Si), obligation pour les ouHiers • de faire le travail de chaque journée moitié avant midi et l'autre moitié après midi», sans qu'ils puissent • forcer leur travail sous quelque prétexte que ce soit, ni le quiller pendant le courant de la journée•· • Dcfenses ~ont faites à tous ouvriers de commencer leur lravJil, tant en hiver qu'en été, avant trois heures du matin, et aux fabricants clc les y aùmellrc avant celle heure, ni d'exiger d'eux des lâches extraordinaires •· C'était lü, comme certaines autres dispo,ilions précédentes, la reproduction du règlement roral du 27 janvier ii39. L'imitation du passé dont les formes surannées inspiraient encore trop.souvent les revendications ouvrières, se constate également, on le voit, chez les gouvernants et chez les patrons qui les faisaient agir. I.e filage du colon est l'opération industrielle dont la transformation mécanique a eu assez tôt le plus d'extension en !'rance; on y connaissait cette transformation ~ous les ùeu, aspects du métier co111i11u el du mule-je1111y. Dans le premier, le, trois fonctions fondamentales, l'étirage, la tor,ion et renvidage ou enroulement du fil, ont lieu en même temps; dans le second, l'en vidage n'a lieu qu'après qu'une certaine longueur de fil a été produite par l'étirage el la torsion de la matière. Le premier, exigeant par sa tension plus de force, était souvent mû à l'aide d'une chute d'eau, d'où le nom de Ulagc hydraulique; pour le second, on se contentait d'un manè,:e. I.e premier s·ap1,liquait aux fibres longues mieux qu'aux courtes el si, généralement, son fil était supérieur à celpi du second pour la résistance, il lui était inférieur pour l'élasticité. On compta quelques établissements important•, tous fondés sur le modèle des établissements similaires de l'industrie anglaise dont on subi.sait l'in0uence, ceux de Delallre près d'Arpajon, à la téle de la filature qui avait été la première du ,yslème continu établie en France, de Decrelot à Louviers, de Boyer-Fonfrè,le à Toulouse, les mule-jennys installés à Orléans el à Amiens. Le 7 frimaire an IJI (27 novembre iî04), la Com'ention accordait une subvention annuelle de 10000 fr., pendant dix ans, à Darne• ville 1iour constituer et c~ploiter une manufacture de mousselines dont le fil d~vait être produit avec une machine de son invention donnant le n• 6l el au-dessus. Le numéro du fil de coton indique aujourd'hui, dans la pratique,

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