Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

2:28 HJSTOlllE SOC! A LISTE 170G,sur unr consommation totale de 11i 305 quintaux métriques de labac fabriqué, dans lequel enlrail alors pour une lrès forte parl le tabac à priser. un peu moins de 30000 quintaux, perdant un quart de leur poids à la fobricalion. étaient imporlés(Peuchel, Statistique élémentaire de ta France, p. 315); en ran YJ, il était importé 78 000 quintaux métriques de sucre, 29000 de cafés el pour 00 millions de francs de mati~res premières telles que coton, laine, chanvre et Jin (Ibid.). II élail exporté, en l'an IV, pour 93993000 francs de produits manufacturés donl 76000000 de soieries. lainages el toiles, pour 36000000 de vins el pour !8000000 d'eaux-de-vie (Journal d'économie ... ); en l'an Vil (1708-99),60000 muids d'eaux-de-vie el 220000 de vins de Bordeaux (Peuchel) ce qui, a1•ecle muid égal à 268 litres 22, équivaut à 161000 hectolitres d'eauxde-vie el à 500000 hectolilres de vins. Une des principales causes de la pénurie du commerce pendant l'an Il est très curieuse el de nature à établir que, durant cette année, on n'eut pas à se plaindre au point de vue de la consommation. Dans le rapport rappelé au début de ce paragraphe, Robert Lindet a écrit:« Les besoins augmentent, la consommation est excessive ... L·un des plus plus grands obstacles qui s'opposent au rétablissement du commerce et aux exportations est l'excessive consommation qui se fait dans l'intérieur de toutes les productions du sol. Pour nous procurer des farines el des grains, il faut donner en échange une partie de nos vins; le commerce de Bordeaux ne peul s'en procurer la quantité nécessaire à ses exportations; on en a livré une trop grande quanti lé à la consommation ». Et, comme remède, Robert Lindet prêchait tout particulièrement« la frugalité» (Moniteur du 3 vendémiaire an Jll24 septembre 1794). On ne doit pas oublier que, pour l'imporlalion principalement, les chilîres donnés ne se rapportent qu'aux opérations commerciales faites ouvertement; or, le commerce de contrebande élail considérable à celle époque; il fut à un moment le seul commerce prospère. Tout contribuait à le favoriser. Potter, fabricant de faîenees à Chantilly, se plaignait, le 6 fructidor ·an IV(23aoO.t1796), au Bureau consultatif du conseil de commerce, de l'introduction de faïences anglaises par navires neutres en violation de la loi (archi vesdu ministère du Commerce). Comme conséquence de la guerre, une loi du 10 brumaire an V(31 octobre 1796) renouvela el aggrava la prohibition du 18vendémiaire an li (9octobre i793) d'iRlporter et de vendre les produits anglais, et elle réputait anglai~, quelle que fùl leur origine, certains produits importés de l'étranger, énumérés en dix articles, tels que diverses étolîes de coton et de laine, les.boutons, les ' ouvrages en métaux, les cuirs et peaux, les sucres raffinés et la faîence; seulement la tolérance à l'égard des prises de nos corsaires qui redonnaient à , Nantes, lit-on dans le Moniteur du 3' jour complémentaire de l'an VI (19septembre 1798), « l'air de la vie el de l'abondance », fut un moyen commode d'éluder celle apparence de rigueur el de justifier la détention illégale de marchandises anglaises. • Celle mesure ~u gouvernement, disent lès Mémoires.

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