Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTK ment: en l'an VII (1198-00), le crédit accordé fut de 30 ïOO francs et les dépenses ne s'élevèrent qu'à 2i 900 francs; il semble même que l'arriéré fut peu à peu remboursé. Dans l'Yonne, à l'école centrale d'Auxerre, conformément à une circulaire du ministre de l'Intérieur du 20 brumaire an VJI (iO novembre 1798), élait ouvert, le l" floréal (20 avril 1799), un cours de bibliographie fait par le bibliothécaire de l'école, Laire (Le Bibliooraphe moderne, mars-juin 1899, p. 113). Si, dans quelques villes, ces écoles réussirent, elles échouèrent généralement contre la concurrence des établissements privés que le clergé, - ainsi le célèbre Loriquet, en compagnie d'un certain Jacquemart, ouvrit un pensionnat à Reims en 1799 - s'était, de même que I our l'enseignement primaire, hâlé d'organiser plus ou moins ouvert.ement avec de plus grandes commodités pour la masse des parents aisés. Ce qui contribua aussi beaucoup à leur écbec, c·esl qu'à la suite des attaques el des menaces dont elles rurcnt l'objet, au Conseil des Cinq-Cents, de la part des réactionnaires, par exemple le 12 prairial an V (31,mai iî9ï) et le 6 brumaire an \'! (Z7 octobre iï97), on ne croyait pas à leur durée. Peul-être, en outre, l'enseignement, malgré son but pratique, n'était-il pas suffisamment adapté à l'âge des enfants. Une question qui se posa incidemment à propos d'une école centrale, montre que les législateurs de celle époque n'étaient pas partisans de l'égalité des sexes : la citoyenne Quévanne ayant, par voie de pélilion, demandé au Conseil des Cinq-Cents d'occuper une place de proresseur de dessin à l'école centrale de Chartres, vil, dans la séance du 22 floréal an IV {li mai 1700), bieo que le rapport de la commission lui fO.t favorable, sa demande repou,sée par la question préalable. Cependant, à ce point de vue, je signalerai, d'après le illonileur du 6 germinal an Vil (26 mars ii99), qu·un citoyen prévenu d'émigration put être défendu « par son épouse » devant la commission militaire de la 17' division - el fut acquitté. Il ne fut rien institué pour les filles par l'Etat, el l'enseignement secondaire ne s~ donnait que dans des écoles libres dont le Patriote français du 20 brumaire an VI (i9 novembre 1797) cité dans le recueil de M. Aulard (l. IV, p. 460), disait, en allirant l'attention des adminiitrateurs sur ces • écoles de jeunes 6lles, qu'on appelle toujours des demoiselles, car on lit encore, au-dessus d~ maisons où on les instruit, l!:ducation des jeunes demoiselles: lis verront combien il existe de nichées de ci-devant religieuses qui se chargent d'en faire des bigotes. Eh! comment veut-on qu·enesélèvent leurs enfants, quand ellei.seront devenues mères, si on laisse à de >:ieilles fanatiques le soin exclusif d'endoctriner cette portion intéressante de la société? • Une des premières écoles libres pour les filles avait été le pensionnat fondé, en 170.:S, it Saint-Germain-en-Lai·e, par ~•• Campan. Antérieurement, le Moniteur du

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