Jean Jaurès - La Convention

!SOii IIISTOJnE SOC!.\ T,ISTE E111in,t'l c'!',l la terrible rançon de l'échafaucl. la morl al'a il élé si souvent 1le1,uis des mois l'e,pédicnl suprùnie, la grande solul ion, qu'à chnque prohl,'•n•e qui troublait el dépassait l'esprit elle re,·enail s'offrir a,rc une soi-te de fa111iliariléob,érlantc. On hirn elle au rail rnison des per,·c rs el des corrompu, 11nisouillaieul la llévolnlinn, ou hicn elle om r i rail au, homm<-s wrturux c,-L asile clïmmorlalit,· où ils aspiraient. P arfois aussi une inquit•turte qui rcs~emblail à un rcmortls étonnail Robespierre el SainlJm,l: Quoi! Yergniaud était mort, <'l morl par cui ! De,mo ulins élail mort, !'t morl par eu,! Danton étail moi l, el morl par eux I El tout ba~, it ces heur<•, de trouble, ils s'ofTraienl eux-mùmes à la morl p our s'ahsou<lre de l'a\Oir si souvent appelée contre des compagnons de lutle, contrr drs ami,. ~ainl-Ju,l voulait ,ivre : il com1 renait bien que la politiqu e de la mort Nait la négation de ln Révolulion cllc-mème, que des ombres, mèmc illu~lr,'s, n,• cléfrndr, ienl pas. Et pourtant il e~t comn.e ltant6 du ranlûmP de ceux <111ïl a d'uu i:e,lc mené, à l'échafaud. El quel mélange poignant de mélancolie l'l d'orgul'il dan, les lignes quïl a tracées a11tès )a mort de Danton! • J\nais lïd(·e touchante que la mémoiri' !l'nn ami de l'humanité doit être chi•rc un jour. Car enfin l'liomm, oMigi' ,te s'isoler dtt monde Pt de l11i1111'111e, jPltr ,oil ancre dans l'ai·e11ir,et prc.,,e s11rson C<PW' la po:;térit,:, i111wce11te dt, 1w111.r prhe11ts. • c·fsl Saint-Just qui souligne lui-même ce, parole,, cel appel d'un homme déjà cléraei11é de la ,ie. • 1Jieu, protecteur de lïnnocenre et de la vérité, puisque lu m'as conduit parmi qnel,jues pervns, c'était ~ans doute pour les dùmasq uer ! • La politique a,ail compté IJeaucoup sur cette idée, que p ersonne n'o,erail allac;uPr de, hommes célohre;; cm ironnés d'une gran de illusion ... J'ai lai-se derri/>re moi toutes res faiblesses; je n'aime que la vér ité dan~ n;ni,ers, el je l'ai ,lilP ... « LPS circo11stances ne sont difficiles que 71011r ce11x qui tecule11tdrt·a11t fr to111bPa11 (souligne par Saint-Just). Je lïroplore, le tombeau, comme un hienf il de la Providence, pour n'être plus témoin des for faits ûUrdis contre ma patrie rt l'humanité. • C1:rtes, c'est quiller peu de rho,,• qu'une , ie malheureu se, dans laquelle on est condamné à ,égétcr, le complice ou le témo in impuissant du crime ... • Je méprise la poussière qui me compose, et qui vous par le, on pourr,, la pPr<(•culer el faire mourir celle pou,,it're; mais je ddle qu'on m'arrache celle , ic indépendante que je me suis donnée dans les s ièrles el dans les cieu:1..• Sombre cl ,térilisante exaltation. Ces hommes avaient les yeu1 comme fascinés par la porte de la mort que ,i sou,·enl ils avaient o uverte pour d'autres. Et au moment même où il faudrait donner confiance à la Révolution daa1

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