i700 HISTOIRE SOCIALISTE qui, par leur nalure même, onl dO.coexisler avec une succession d'instants dont nous ne distinguons pas les parties? El combien ce secret, si nous pouvions y atteindre, ne nous serail-il pas u lite dans l'étude de la nature el pour la connaissance de nos maux? • Or, s'il pre,senl d,•s lransformalions qui atteindraient la nature humaine elle-même el en cnrichiraie11L le fond,, à plus forte raison prévoit-il que les prises de l'homme sur le moncle seront toujours plus étendues et plus fortes. « Les procédés des arts sont susceptibles du même perfec1ionneme11l, des mêmes simpli!lcations que les méthodes scientifiques; les inslrumcnl,, l~s machines, les métiers ajouteront de plus en plus à l'adresse des homme:;, augmenteront à la fois la perfeclivn el la pro.;ision des produits en diminuant et le temps et le travail nécessaires pour l'obtenir; alors disparaitront les o!Jslaclcs qu'opposent encore à ces mêmes progrès, el les accidents qu•ori apprendrait à prévoir, à prévenir, et l'insalubrilé, soit des Lravaux, soit des habitudes, soit du climat. » Mais quoi? pour celle haute enquête scientifique qui doit renouveler le monde et l'homme, Condorcet va-L-il appeler, par une démagogique flatterie, toute la foule humaine? Dira-t-il que que tous les hommes peuvent atteindre un niveau assez élevé d'intelligence et de raison pour concourir direclement el personnellement aux progrès de l'esprit humain? Non, c'est une élite qui créera le progrès, mais une éli le toujours plus ,•asle. De plus en plus la ~cience se lera par les observations d'individus innombrables. DJ plus en plus elle sera une rouvre collcclivç. Elle procédera sans cesse de la uémocratie dont elle empruntera les plus nobles énergies humaines, el elle retournera sans cesse à la démocratie dont elle accroitra la puissance sur les cho-e,, la lumière el la 11oblessemorale. Voilà les pensées magnifiques qui animaicut la solitu :e menacée de Condorcet. Par ces sublimes espérances, il ne s'élevait point au-dessus de la Révolution, mais il lui donnail toute rn hauteur. A peine s'il permet un moment à sa vaste pensée de revenir sur lui-111ême. « combien ce tableau de l'cs~l)c, humaine affranchie de toutes les chaines, souslr.1ile à l"empire du hasard comme à celui des ennemi; de ses progrl)s el marchant d'un pas ferme el s0.r dans la roule de la vérité, de la vertu et du bonheur, présente au philosophe un spectacle qui le conrnle des erreurs, de~ crimes, des injustices dont la terre est encore souillée el dont il csl s011ve111 la victime! C'est dans la contemplation de ce tableau qu'il reçoit le prix do se.; efforts pour les progrès de la raison, pour la défense de la liberté. Il ose alors les lier à la chaine éternelle des destinées humaines; c'est là qu'il trouve la vraie récompense de la verlu, le plaisir d'avoir lait un bien durable que la fatalité ne détruira plus par une compensation funeste, en ramenant les préjugé.; et l'esclav.,gc. Celte contemplation est pour lui un asile, où le souwnir de ses persécutions ne peul le poursuivre; où, vivant par la pensée
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