Jean Jaurès - La Convention

i7i2 HISTOIRE SOCIALISTE: Aussi, malgré les déchirements inlé rieurs de la Révolution, le grand élan guerrier des armées révolutionnaires se continuail. L'œuvre intérieure de rérorme se continuait aussi. La Convention dans la question de l'enseignement avait tâtonné. Le plan de Le Pelletier avait élé d'abord accueilli avec faveur, puis éca,·té comme impraticable. En septembre li03, la rentrée des collèges obligea la Convention à adopter une formule. Elle parut consacrer les idées générales de Condorcet, el reconnaitre lehaul caractère encyclopédique de l'enseignement. Mais bientôt comme si elle renonçait à une partie du magnifique idéal d'enseignement complet où d'abord elle s'était élevée, elle se borne à organiser les écoles primaires, laissant à la libre concurrence ce que nous appelons aujourd'hui i'enseignemenl secondaire el supérieur. Quoique limitée, c'élail encore une glorieuse entreprise que de constituer ainsi. aux frais de la nation et en son nom, l'enseignement populaire. Et la liberté de l'enseignement privé qu'elle proclamait po_urles études secondaires et supérieures n'allait pas d'ailleurs sans de fortes garantiP,Spour l'esprit révolutionnaire. Les prêtres en étaient exclus. De même la Convention lit une grande chose lorsque, sur un rapport de Barère, au nom du Comité de Salut public, elle proclama et organisa rassislance sociale des malades, des pauvres, des infirmes, des vieillards. C'est par un secours à domicile de 130 livres par an, prélude de ce que nous appelons aujourd'hui la pension de vieillesse el d'invalidité, qu'elle propos til de guérir les plus cruelles misères. La Révolution affirmait ainsi, ju,que dans la tourmente de terreur el de sang, sa foi et son génie d'humanité. Ce qui atteste aussi la confiance de la Révolution en elle-même et en l'a,·enir, c·est que, parloul en l'an li, les ventes de biens nationaux un moment suspendues dans la période de doule el de confiil qui précède le 31 mai, r 0 prennent el s'accentuent aus,itôl que ln ,•ictoire de la l\fonlagne, le vote el l'acceplation de la Constitution, l'énergie du Comité de Salut public rendent à L1clion révolutionnaire son unité el sa force. Ce n·est guère qu'après le :H mai que la vente des biens d'émigrés commence réellement. Ce que le directoire du département de Seine-el•Oise écriYait de l'iincien domaine royal : « Le talisman est enfin rompu » était vrai de toul le domaine public formé au, dépens des nobles fugitif,. Les acheteurs un moment hésitants se décirlaient, ils affiuaienl aux enchères. A ne regarder que la surface, ce:1 opérations furent bonnes un peu partout el pour la Révolution et pour la démocratie. Presque partout, comme en témoignent les comptes rendus périodiques faits à la Convention, les prix cl'adjudication dépassent de beaucoup les prix d 'eslimalion. Par exemple, on lil au Moniteur : « L'a lminislraleur provisoire des domaine~ nationaux écrit Je 4 ventôse, an li, que les ventes des -Iliens d'émigrés dont les cotes lui sont parvenues

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