940 HJSTOI I\E SOCJA LISTE el de\anl le monde, se livrant ainsi elle-même au hasard des paroles dramaliq111•.,,•t émouvantes qui poul'aicnl jaillir clu cœur de cet homme, roi d'hier el pour beaucoup martyr de demain, ,i elle a,ail écouté Louis et ~es con,cils dans cc silence profond, si, sur la motion de Barère, elle a\ail mandé le conseil P,éculif et la municipalité pour a,surer autour de ses délibérations l'ùrdre, le calme cl un silencieux respect, si Marat lui-même demandait pa,,ionnément que le jugement et1l lieu avec apparat et avec une suffi,anle lenlt•ur, ce n'était pas pour livrer à l'heure déci:ih'e la majesté du vole aux men ,ces de quelques forcenés. S'il y arnil eu vra imenl, Je f6 et le iî janvier, une organisation de menaces, elle ,1urail 6Lédénoncée d'emblér à la tribune même de la Con\'enlion, et par les plus grands hommes de tous les I artis. Or il n'y a au procès-verbal qu'un mol de Lefranc : • Charles Yillelle m'a prié d'instruire J'f.~semblée d'un fail... A la porte même de celle salle on a dit à Charles Villette que, s'il ne volait pas la mort de Loui,, il serait massacré. • Charles Villette, un seul député! El s'il y avail eu vraiment un appareil de terreur destiné il agir sur toute l'A,,emblée, y aurait-il eu besoin d'avertir relle-ci? Legendre répondil: • Je suis d'avis qu'on ne vienne pas nous rapporter ici les cris dr quelques stipen<lié,. pour eu prenrlre occasion dè calomnier IP peuple de Paris. • LLce fut tout. Quand on sait commenl 'a Convention toute entière, un peu ()lus Lard, au 25 février, au 10 mars, s~ souleva contre toute tentative de we-,ion r,Lérieure, quand on ,ail comment ~laral dénonça el accabla les chefs des groupe, « factieux •, quanrl on songe que, pour que la Convention cédât, le 31 mai et le 2 juin, à la force du dehor,, il fallut tout l'ébranlement. de la trahison de Dumouriez, de la guerre de Venr!ée et des 1hénements de Lyon, el un vaste moU\emenl de Paris, il apparait bien que le 16 el le 17 Janvirr la Convention n'aurait pas toléré une minute la moindre entreprise rnr ,a liberté et sur sa dignité. Il n'y eut rien, rien qu'une lettre sénile et affolée, criminelle vraiment à force de délire, qu·envoya Roland. Le Comité de silrelé générale l'avait informé que des personnes effrayées quittaient Paris et que ce mouYemenl d'émigration pouvait semer la panique. JI répondit, le 16 janvier au matin, que ces frayeurs étaient bien naturelles dans une ville où de, furieux parlaient sans cesse de meurtre, de pillage, d'incendie, où l'on virnil toujours dans • l'attente afTreu~e• du massacre. • Je sais que la Commune rl Santerre disent que tout est tranquille : je sais qu'ils l'assuraient aussi au 2 sept,•mbre. • Voilà la lettre que Roland enYoy,lil au Comité de la Convention le jour même où celle-ci prononçait sur le sort de Louis XVI. Voilà le tocsin dë·pouYante et de fuite que sonnait ce rnalfai,anl ,·ieillard à l'heure mème où la
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