Jean Jaurès - La Convention

111",TOIRE SOCIALISTE peul-êlre avant d'avoir assuré à la Fra ace au moin~ rembouchure du Rhin, Anacharsis Cloots, que l'esprit de système jelait à l'hébertisme dans la question rxtérieure comme llans la question religiPuoe, criait au scandale. Cloots se déballait dans de 1amenlabies contradictions. J'ai dit quelle était la grandeur de sa formule juridique de la souveraineté du genre humain. Appliquée aux faits avec discernement, elle pouyail t,•mpérer les égotsmes el partiwlarismes nationaux, préparer une vaste union des peuples, prélude nécessaire de leur unité. li y aurait eu folie à attendra des elTels immédiats de la force l'organisation unillire du genre humain. ,\1,'me victorieuse, cette guerre e1Trén6e et universelle n'aurait abouti qu'à une monstrueuse dictatur,' militaire, à un césari,me énorme pesant ~ur runivers. Et Cloots di~ail: • Je cons.•ns à cr qu'on ne pous,r 1>,s la guerre a,,,-i loin que s'étendra un jour prochain la sou1•craineté humaine». li se contentait, en alt endanl, d'agran~ir la France Jusqu'au l\hin Pl à l'Escaut. De là, son influence révolutionnaire rayonnerait nécessairement ,ur le monde. Oui, mais pourquoi raire de l'annexion de toute la riYe gauclw du Hhin el des bouches de l'E:;caut une condition nèressaire de la paix·? Pourquoi proclamer, comme il le fit aux Jacobins le iO octobre, comme il ne cesst de le répéter dans Lous les journaux qui accueillir,•nt sa lettre ou,·crle au, Bataves et aux Belges, que si ceu,-ci n'étaient pas incorporés révolutionnairement à h France révolutionnaire, il a·y aurait qu'une paix honteuse el hypocrite, une paix scélérate, • une paix plâtrée » 'I Si la France est tenue rnver, tous les groupes rérnlutionnaires épars dan.s les autres pays à s'anne,rr ces pays pour élrndrr la i::arantie de la n~volulion, pourquoi ne pas incorporer tou, les Etals d~ l'Allemagne, tous les Etals de l'llalie? El si elle n'est obligée envers les groupes ré\'olutionnaires d'Italie ou d'Allema,;ne qu'à celle protection indit'l'cte qui ré,ultera pour tous le:; hommes de la fière autonomie de la l•'rance <le la llévolution et d'un glorieu, e,emple de liberté, pourquoi serait-elle ~unlrainte, en Louscas, quelles que que puissent élre les chances et les combinaisons de paix, à s'annexer Belges et n,tave,? C'est qu'au rond Cloots ne veut pas de la paix, tant quP la France réY.olutionnaire n'aura pas assimilti à elle, même par la force mi,e au serYice de l'idée, tous les peuples qui contiennent des éléments lie ré\'olulion assimilables. li a dans le, forces de la France une confiance indéfinie, inépui,ablr. El ce serait une énorme jactance, si Cloots n"étail vraiment, et en toute sincérité, po~;;édépar son rùve. • Toul est grand, colossal, sublime E:nFrance. Nous ne comptons qu,• par millions de soldats et par milliard~ de livres. Il semblerait à chaque recrutement que la guerre commence. • - C'est bien le moment de nous pirlcr de pai ,, à nous qui par la réquisition de nos Jeunes gens et p~r le démonnayage de nos assignats, nno11s de construire deui bastions devant lesquels se briseront tous les el!ort:; de la

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